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  L E   P A R C O U R S  
 

LA DERNIERE LIGNE DROITE PRE MONDIALE

En ce début d’année 2014, les résultats du tirage au sort de la Coupe du monde et l’éventuelle prorogation du contrat de Halilhodzic au-delà de la Coupe du monde ont fourni une matière à débat importante dont les médias ne se sont pas privés.


Le président de la FAF, Mr Raouraoua avait salué le tirage assez sobrement  tout en estimant que « l’objectif  sera la qualification au deuxième tour ». En revanche, très sollicité par les journalistes, au sujet des chances de l’Algérie, le coach Vahid ne s’est pas du tout réfréné ! Mais lui a surtout estimé publiquement que l’accession de l’Algérie au second tour était  quasiment impossible, les autres adversaires étant meilleurs que nous. Il ne pouvait donc mentir aux supporteurs et promettre le passage aux 1/8° de finale. Ruse de guerre ou maladresse, toujours est-il qu’il a beaucoup trop parlé et dans une langue française qu’il ne maîtrise pas.


Pour la prolongation du contrat, la FAF aurait aimé avoir une réponse rapide sinon urgente du sélectionneur. Lui préférait réfléchir et attendre les mois de Juin/Juillet…Ce qui n’arrangeait pas les affaires de la Fédération et pour cause…La Coupe du Monde s’achevant en Juillet 2014, les 6 matches de qualification pour la phase finale de la CAF 2015 au Maroc, sont d’ores et déjà programmés pour les mois de Septembre,Octobre et Novembre suivants, à raison de 2 par mois. Logiquement , la FAF souhaite donc continuer sur la lancée avec un sélectionneur dèjà en place depuis 30 mois au lieu d’aller, à l’aventure,recruter un nouveau  qui aurait si peu de temps entre Juillet et Septembre !


Le bilan du tintamarre : insinuations exagérées, silences très « parlants », conclusions trop hâtives ; un mois de Janvier à l’atmosphère aussi regrettable que détestable. On est allé jusqu’à  entendre parler « d’ultimatum », de « résiliation de contrat ». Le contact et le dialogue directs étaient de plus impossibles, Mr Raouraoua séjournait, de par ses obligations, en Afrique du Sud et Halilhodzic était quelque part en Europe, entre la France et la Bosnie ! Il aura donc fallu la déclaration publique du Ministre de la Jeunesse et des Sports rappelant que l’équipe nationale avait besoin de sérénité pour que les choses se calment.


Début Février 2014, MM. Raouraoua et Halilhodzic se sont finalement rencontrés à Alger et ont parlé des dernières étapes de la préparation à la phase finale du mois de Juin au Brésil. On eut droit en même temps à l’annonce de la conclusion d’un match amical le 4 Juin à Genève face à la Roumanie. Pour la date du 31 Mai, le sparring-partner reste à désigner.Il sera aussi sans doute européen. On parle de l’Ukraine, de la Croatie ou de la Slovaquie. Rien en revanche n’a été révélé au sujet de l’éventuelle prolongation du contrat du coach Vahid.
Mi-Février 2014, on apprendra que la sélection algérienne conserve son 26° rang dans le classement mondial FIFA, mais elle occupe désormais la seconde place du classement africain derrière la Côte d’Ivoire.

 

                                                                          
Les fervents supporteurs de l’équipe nationale n’ont pas beaucoup aimé les échanges dont nous venons de parler. Dans leur majorité ils ont toujours été du côté du tandem Raouraoua/Halilhodzic qui a bien fonctionné jusqu’alors. 2000 d’entre eux se sont inscrits pour le voyage de Juin au  Brésil et  c’est avec beaucoup de joie qu’ils ont accueilli  la bonne nouvelle de la révélation Nabil BENTALEB ,19 ans, milieu de terrain, d’origine algérienne, quasiment inconnu du grand public et qui, du jour au lendemain, après le limogeage de l’entraîneur portugais Villas-Boas, s’est retrouvé titulaire dans le célèbre club londonien de Tottenham Hotspur. Le remplaçant de Villas-Boas, Tim Sherwood qui le connaissait bien, lui fit confiance et  depuis lors il enchaîne avec succès les titularisations et les bonnes performances.Il n’en fallait pas plus pour que l’Algérie envisage de le sélectionner rapidement d’autant qu’il était dans le viseur de la sélection anglaise (chose assez problématique), mais surtout de la France, pays où il est né, à Lille, en Novembre 1994 et où il  a même joué un match amical dans les rangs des U-19 français.
L’ambiance étant dès lors  apaisée, Halilhodzic s’en est allé assiter à des matches de coupe et de championnat  afin  de mettre la dernière main à la liste des joueurs devant  être convoqués pour le match amical du 5 Mars face à la Slovénie.


Le 17 Février le site de la FAF rend publique une liste de 36 joueurs, 27 expatriés et 9 locaux, 4 gardiens de but, 12 défenseurs, 8 milieux défensifs, 6 milieux offensifs et 6 attaquants. Halilhodzic a fait bonne mesure alors qu’il ne pourra mettre sur le terrain que 11 joueurs et 6 remplaçants. Deux nouveautés : Nabil BENTALEB qui a choisi logiquement de jouer pour le pays de ses parents et Zinedine FERHAT ( USM Alger) , le prometteur ancien international des moins de 20 ans , joueur polyvalent sur tout le flanc droit. Un retour satisfaisant, celui de Ryad Boudebouz.


Une liste où il « ne manque pas un bouton de guêtre »… à savoir que Halilhodzic y a inclus tous ceux testés ou utilisés depuis 24 mois et susceptibles de faire le voyage. Il y a là ceux qui jouent régulièrement dans leur club, ceux qui font des apparitions fugitives, ceux qui ne jouent pratiquement pas et même ceux relevant de blessure. Ce qui a contrario pourrait signifier qu’il n’y aura personne d’autre en mesure de postuler dans le futur pour une place en équipe nationale sauf accident ou blessure gravissime !! Va-t-il les conserver tous ? Ou bien d’aucuns sortiront de la liste avant le 5 Mars ? Le stage de Mars sera très court. Néanmoins à 3 mois du rendez-vous brésilien, le coach souhaite probablement  impliquer et responsabliser tout ce monde qu’il connaît bien quitte à devoir en écarter plus d’une douzaine le moment venu,au vu de leur forme physique,leur disponibilté, leur expérience et leurs performances. Pour mémoire, on peut mentionner que onze parmi les 36 avaient en 2010 effectué le voyage en Afrique du Sud.


La réponse à l’interrogation est arrivée 8 jours plus tard lorsque la FAF publie une nouvelle liste élaguée de 8 joueurs. Les défenseurs Hachoud et Harek, les milieux Boudebouz, El Orfi, Karaoui, les attaquants Aoudia, Belfodil et N. Ghilas n’ont finalement pas été retenus pour le match  amical du 5 Mars face à la Slovénie. Et le même jour on apprenait la grave blessure (rupture des ligaments croisés du genou) du malchanceux  M.A Aoudia.
                                                                         
Le lendemain, lors d’un point de presse tenu à l’issue des travaux de l’Assemblée générale ordinaire de la fédération, le Président de la FAF, Mr Raouraoua, rassurant, a déclaré être d’accord sur tout avec le sélectionneur Halilhodzic « sur les préparatifs à la Coupe du monde et l’objectif à atteindre… »
Il  a par ailleurs précisé  « rien n’est encore fait pour la prolongation de son contrat au-delà de la Coupe du monde…ajoutant  qu’il avait prévu un plan de rechange en cas de non reconduction. Se voulant optimiste il termine par : « nous n’en sommes pas encore là ».


Vendredi  28 Février, un communiqué de la FAF annonce la conclusion d’un accord avec l’Arménie pour un  match amical  le 31 Mai à Genève. Le programme des matches amicaux est désormais défini. Slovénie en Mars, Arménie fin Mai et Roumanie début Juin 2014. Il ressort de ceci que la préparation de la sélection sera scindée en 3 parties. Un début dès sans doute le 20 Mai  à Sidi Moussa 10 jours durant, puis 8 jours en Suisse et dernière étape de 10 jours environ à partir du 5-6 Juin, sur place, au Brésil.
Les 3 adversaires sont tous européens et de bon niveau. En effet au classement FIFA du mois de Février 2014, la Slovénie  apparaît à la 27° place, l’Arménie au 30° rang et la Roumanie en 33° position. Ainsi pas d’adversaire asiatique, l’essentiel étant d’être fin prêts  au mois de Juin. 

 

Match de préparation, de prestige ou test majeur, quel que soit le qualificatif que l’on voudra donner à cette joute amicale face à la Slovénie, la conclusion se résume à mon avis à un seul adjectif : réussie !  Absente des terrains depuis Novembre, réunie pendant seulement 2 jours de stage et formée de façon très inédite avec 3 novices, la sélection algérienne a surpris et séduit tout le monde. Elle s’est imposée 2-0 sans discussion aucune, parce qu’elle a joué, elle s’est créée des occasions et a largement dominé un adversaire slovène le rendant  incapable de la mettre sérieusement en danger.


Halilhodzic a confirmé Zemmamouche comme gardien de but. Il a voulu tester les nouveaux venus, le latéral droit Aïssa Mandi et le milieu Nabil Bentaleb. Il a donné sa chance à Bentaïba-Cadamuro au centre de la défense (une innovation) aux côtés du capitaine Bougherra, ainsi qu’à Ghoulam sur le flanc gauche de l’arrière garde algérienne. Il a remis en selle Taïder et permis à Djabou de faire oublier Feghouli ( indisponible) et Brahimi laissé au repos. Le onze était complété par Mostefa-Sbaa, Slimani et Soudani. Et l’on peut affirmer sans exagération que coach et joueurs ont largement gagné leur pari respectif.


Dès la 4° minute Djabou oblige le gardien Handanovic à se coucher sur un tir rasant. A la 15° minute, Slimani qui ne croise pas suffisamment son tir, bute sur le même Handanovic et ce, à la suite d’un très joli mouvement offensif initié par Taïder et relayé par Soudani. Un manque de sang froid et de lucidité de la part de Slimani : c'est un lob qui s'imposait et non un tir en force. Les slovènes peinent et concèdent 4 corners successifs. Néanmoins, à  la demi-heure de jeu,  ils réussissent à lancer rapidement en profondeur Krihn, lequel sera proprement bloqué par une intervention de Bougherra, dans la surface de vérité, action sur laquelle le banc slovène réclamera un pénalty que l’arbitre camerounais n’a justement pas accordé.
                                                                           
Djabou envoie un superbe centre dans le dos du capitaine slovène César, hélàs , Soudani rate complètement sa reprise. Les algériens se font pressants, les slovènes  se défendent comme ils peuvent, parfois à la limite de la régularité et  notamment sur un Djabou insaisissable. A sa seconde tentative d’exécution d’une faute sur la gauche de l’attaque algérienne, Taïder met le ballon sur la tête du moins grand des joueurs présents dans la surface, l’opportuniste Soudani qui marque le premier but algérien. But  tardif (45’+2) certes, mais largement mérité. Au four et au moulin, Bentaleb se retrouve seul  dans les 6 mètres adverses, face à un adversaire sur lequel il exécute un intéressant passement de jambes. Il aurait pu faire mouche, malheureusement son tir est dévié par un autre défenseur accouru à la rescousse.


 A la reprise Katanec, le coach slovène va remplacer d’un coup 3 joueurs : 1 défenseur, 1 milieu et 1 attaquant. Mais la tonalité du match reste encore la même, ce sont les algériens qui gardent la maîtrise du jeu. Le ballon circule facilement ; il y a très peu de déchets. Le couloir gauche, Ghoulam, Taïder, Djabou s’active et  à la  56° minute celui-ci se joue de son adversaire pour servir Taïder à l’entrée des 16 mètres. Il n’hésite pas une seconde pour, dans la foulée, envoyer le ballon près de la lucarne de Handanovic, son compère de l’Inter de Milan. 2-0 et 3° but en sélection pour Taïder qui démontre qu’il est là et bien là, très, très utile pour la sélection


Au cours de la seconde mi-temps  Halliche remplace Bougherra et Lacen, à court de compétition, entre à la place de Mostefa-Sbaa. Ce sera ensuite le tour de Zinedine Ferhat, (un baptême pour l’ex international junior) de prendre la place de Djabou, très applaudi. Puis viennent  les incorporations de Djebbour, Yebda et enfin Kadir. Les  remplacements réglementaires consommés de part et d’autre, les slovènes s’aventurent un peu mieux et Birsa sert Matawz, en position illégale, qui tente une tête plongeante que Zemmamouche a  su annihiler. De son côté, tout de suite en action, Yebda oblige Handanovic à détourner en corner un très beau tir à ras de terre et c’est à la  93° minute que la Slovénie aura sa meilleure occasion, un tir de Milec, renvoyé par le poteau gauche de Zemmamouche.

J’emprunterai au journal spécialisé Compétition son commentaire sur ce match :… « le public algérien a vu hier une équipe solide en défense, joueuse au milieu et attractive et efficace en attaque… » Un des commentateurs du quotidien El Watan écrit : « L’équipe nationale a franchi avec succès l’écueil slovène (2-0) et remporté une victoire de prestige dans le premier des 3 matches amicaux qui figurent dans son programme… » Le quotidien Liberté estime pour sa part :  « Vahid Halilhodzic a donné à travers la prestation des Verts des indications claires sur son futur plan de jeu en perspective du Mondial : discipline tactique et possession de balle . »


Halilhodzic n’a pas caché sa satisfaction en estimant cette victoire … « bonne pour le moral…les joueurs ont appliqué les consignes à la lettre », ajoutant : « je pense qu’ils m’ont compliqué la tâche afin de choisir la liste des 23... » en concluant prudemment avec sa phrase habituelle: « il ne faut pas s’enflammer » avant de terminer par «  ce n’était qu’un match amical…la Belgique et la Russie sont d’un autre niveau. »

                                                                          
C’est le Roi Pélé en personne, invité par une multi nationale,  qui a donné le coup d’envoi de ce match auquel ont pris part  13 joueurs déjà présents  à Polokwane en 2010 ( 7 slovènes et 6 algériens ). Mais je me dois de constater que nos joueurs de 2014 m’ont fait oublier les mauvais moments  vécus et subis il y a 4 ans en Afrique du Sud.
Le même jour, les futurs adversaires de l’Algérie durant le mondial, ont également disputé des matches de préparation. La Russie a battu l’Arménie 2-0. La Corée du Sud est allée à Athènes  vaincre la Grèce sur le même score et enfin à Bruxelles, la Belgique a été tenue en échec  par une Côte d’Ivoire qui, en fin de match, a su refaire son retard de 2 buts pour arracher un bon match nul 2-2.

 

Lors des mois creux de Mars et Avril, nous avons eu droit à l’intermède  Christian GOURCUFF, venu avec son épouse, fin Mars, invité par le président Raouraoua pour des entretiens et une visite du Centre technique national de Sidi Moussa. Ce qui aura refait surgir le thème de la succession de Halilhodzic en Juillet. Aucune déclaration officielle n’a été faite sur la question, mais chacun tient aujourd’hui pour acquise  l’arrivée de Gourcuff à la tête de la sélection algérienne au lendemain de la Coupe du Monde du Brésil.


Fin Avril 2014, au Caire, la CAF a procédé au tirage au sort des groupes éliminatoires qualificatifs pour la CAN 2015 dont la phase finale se déroulera en Janvier/Février 2015, au Maroc. 7 groupes de 4 équipes ont été constitués. Les 2 premiers de chaque groupe étant qualifiés pour la CAN, auxquels viendra s’ajouter le meilleur troisième de l’ensemble des groupes, soit 1 total de 15 équipes. Notre sélection, dans le groupe B, retrouvera le Mali, l’Ethiopie et un troisième adversaire qui sera probablement soit le Bénin soit le Malawi, deux nations qui auront à en découdre en Mai et Juillet lors de matches préliminaires. L’Algérie débutera dès le 6 ou 7 Septembre 2014 à Addis Abeba, avant de recevoir le Mali 4 jours  plus tard.


Revenons à la Coupe du Monde pour dire que, conformément aux recommandations de la FIFA, c’est le lundi 12 Mai que le coach Halilhodzic a rendu publique la liste des 30 joueurs susceptibles d’aller au Brésil. La composante définitive et officielle des 23 devant être connue le 1er Juin. Il n’y a évidemment guère de surprises dans ce groupe. Il s’agit dans une très grande mesure des joueurs qui ont travaillé avec le sélectionneur depuis 2011 et 2012. La nouveauté étant la convocation de Riyad MAHREZ, 23 ans, milieu offensif, ancien joueur du Havre AC. En Janvier 2014, il est transféré vers le club de seconde division anglaise, LeicesterCity. Il s’y est imposé comme titulaire en disputant 19 matches et en inscrivant 3 buts. Il s’est finalement assuré du titre de champion et par conséquent de l’accession au sein de l’élite de la Premier League pour la saison prochaine. S’il est retenu dans la liste finale, ce gaucher, qui affectionne le dribble et le contre-pied, pourra constituer une recrue de choix aux côtés  de Feghouli, Boudebouz, Brahimi et Djabou.


Les quatre gardiens de but sont les habitués de la sélection : M’bolhi, Zemmamouche, Doukha et Si Mohammed. Pas de nouveautés pour les 10 défenseurs parmi lesquels n’apparaît plus Rial (JSK), cependant que Belkalem, qui n’a pas joué ou presque pas à Watford, est présent. Dans le secteur des milieux récupérateurs, au nombre de six, Halilhodzic a retenu d’autres éléments qui manquent cruellement de compétition à l’instar de Yebda, Guedioura et Taïder, qui  se joignent à Lacen, au jeune Bentaleb de Tottenham et  au local sétifien Karaoui.
Dans le secteur des milieux offensifs (6)  et l’attaque (4) il y a peu de surprises, sinon la présence de Boudebouz et l’absence du jeune Belfodil qui pourrait toutefois éventuellement supplèer Nabil Ghilas blessé. Il est à noter que le jeune Zinedine Ferhat (USM Alger) n’a pas été convoqué, car jugé encore  « trop tendre ». Kadir est là ainsi que Djebbour et bien entendu les buteurs Slimani et Soudani. Dans cette liste de 30 joueurs, on en compte 11 qui étaient présents en 2010 en Afrique du Sud.
                                                                          
A signaler toutefois que dans ce groupe il y a des titulaires potentiels assurés d’être parmi les 23 et des réservistes pouvant suppléer d’éventuelles indisponibilités.


Le stage de préparation qui a débuté le 8 mai avec le seul Belkalem, se poursuivra au fur et à mesure de l’arrivée des autres camarades une fois que leur club aura achevé sa saison et ce juqu’au 29 Mai date de départ pour la Suisse et la ville de Sion, afin d’y rencontrer le 31 Mai, la sélection de l’Arménie. C’est finalement le 22 Mai, par élimination, une fois que les joueurs regagnaient  le Centre de Sidi Moussa, chacun a pu établir la liste des 25 et, par voie de conséquence, le nom des 5 réservistes qui n’ont pas rejoint le stage et ont pour nom  Boudebouz, Djebbour, Kadir, Karaoui et Khoualed. Au lendemain du match amical face à l’Arménie, le 1er Juin, le  coach Vahid pourra donc facilement annoncer la liste des 23 en éliminant 2 joueurs sur les 25 : 1 gardien de but et 1 joueur de champ . Mais à la surprise générale et avant le déplacement en Suisse, Halilhodzic a aussitôt annoncé que le gardien Doukha était écarté au profit de Si Mohammed Cedric. Il n’y aura donc plus qu’un seul joueur à retirer pour complèter la liste des 23.


Sur le plan national, c’est  le Mouloudia d’Alger qui s’est adjugé la Coupe d’Algérie, son 7° trophée, face à la JS Kabylie qui achève une belle saison en occupant également le poste de dauphin en championnat, derrière  l’USM Alger qui remporte ainsi son 6° titre national.

 

C’est une formation assez remaniée que le coach Vahid a présenté face à l’Arménie. Devant le gardien Zemmamouche, reconduit, on trouvait les latéraux Mandi et Mesbah et la paire centrale, Belkalem, Halliche. Au milieu, la récupération fut confiée à Guedioura et Lacen. Brahimi s’est vu attibruer le rôle de meneur de jeu axial derrière le trio d’attaquants Nabil Ghilas, Slimani et le débutant Riyad Mahrez. 


L’on assista à une prestation assez convaincante de nos joueurs durant une première période très plaisante au cours de laquelle la domination algérienne a été quasi-totale avec 3 buts inscrits par Belkalem (14’)  sur corner, par un tir fulgurant  de Nabli Ghilas (22’) après une action de grande classe de Mahrez  et enfin par Slimani (41’)qui marque de la tête suite à un renvoi du gardien arménien. Brahimi nous est apparu quasi souverain au milieu du terrain, même s’il a parfois cédé à son péché favori de trop garder la balle. Mahrez a fait une entrèe remarquée ( 2 passes décisives) et démontré une présence conséquente. Nabil Ghilas semble avoir vaincu sa timidité pour imposer sa technique et son potentiel physique. Comparativement,  nous avons moins vu Slimani.


Les deux récupérateurs se sont bien acquittés  de leur tâche. Lacen toujours aussi peu voyant qu’efficace ; Guedioura convenable, lui qui n’a pourtant presque pas joué cette saison à Crystal Palace.Bien qu’elle n’eut pas  beaucoup à s’employer, face à un adversaire peu agressif, la défense a connu ses hauts et ses bas. Mesbah a été très présent. Mandi, à l’exception d’une perte de balle dès l’entame de la seconde mi-temps, a rempli son rôle de latéral très sobrement mais en sachant s’imposer à ses vis-à-vis.


Au retour des vestiaires avec une confortable avance de 3 buts, les nôtres vont se faire cueillir après 45 secondes, suite à la perte de balle de Mandi signalée plus haut. Cette action a mis en lumière la non complémentarité et le manque de vivacité et de vigilance du reste de ses camarades. Très prompt, l’attaquant arménien Sarkisov  a pu déborder facilement Belkalem qui avait pourtant un avantage d’au moins 10 mètres pour aller battre Zemmamouche. Belkalem nous est apparu telle une montagne arrivant difficilement à pivoter sur elle-même ! Mais où était donc la couverture, qui aurait dû être assurée par Halliche et  même Mesbah ? Un but qui nous rappelle celui encaissé face au Togo, des pieds d’Adebayor, lors de la CAN 2013 en Afrique du Sud. Belkalem, Halliche et Mesbah étaient déjà impliqués !!


Pendant plus de 25 minutes les arméniens vont accaparer le ballon face à des algériens étrangement absents. C’est alors que Halilhodzic commencera ses remplacements. Un au moins m’a semblé manquer de logique, à savoir l’entrée de Medjani à la place de Brahimi,  auteur d’une excellente première période. Guedioura et Lacen  ont cédé leur place à Bentaleb et Taïder.Puis ce fut autour de Feghouli, Djabou et Soudani de venir terminer les 20 dernières minutes,au cours desquelles Djabou et Soudani ont failli créer la surprise cependant que Feghouli n’a pas été du tout sollicité.

Il s’est agi d’un bon test et d’une victoire bonne pour le moral pour un onze sans grand passé en commun et qui se retrouvait après 3 mois. Halilhodzic a montré sa satisfaction tout en déplorant cette chute de rythme inadmissible en seconde période et en rappelant à nouveau que l’Arménie n’est pas la Belgique. Mercredi 4 Juin la Roumanie constituera un autre défi probablement plus conséquent.


Au lendemain de cette joute on apprenait que Yebda souffrait de problèmes musculaires. Tout le monde était prêt à parier qu’il serait le « sacrifié ». Mais…mais la publication de la liste officielle nous révéla que Yebda était bien là  au détriment de Guedioura qui ne participera donc pas à son second Mondial. Ce dernier avait disputé 6 des 8 matches de qualification pour cette Coupe du Monde 2014, contre 3 pour Yebda, longtemps indisponible.


La liste définitive, qui peut être modifiée jusqu’à la veille du premier match pour raison de grave blessure, comprend les gardiens M’bolhi, Zemmamouche et Si Mohammed. 9 défenseurs sont retenus, parmi lesquels Belkalem et Halliche sauvent leur place. Les 7 autres sont  Bougherra, Mandi, Medjani, Bentaïba-Cadamuro, Mostefa-Sbaa, Ghoulam et  Mesbah. Au milieu, pour la récupération,  les jeunes Bentaleb et Taïder côtoieront les anciens Lacen et Yebda. Pour l’animation offensive,  le coach pourra choisir à sa guise entre Brahimi, Djabou, Feghouli et Mahrez. Ils seront appelés à alimenter les 3 attaquants élus, Nabil Ghilas, Slimani et Soudani. 7 d'entre eux étaient déjà présents en Afrique du Sud : M'bolhi,Bougherra,Halliche,Medjani,Mesbah,Lacen et Yebda.

 

A la veille du match contre la Roumanie, Halilhodzic a reparlé du travail effectué pendant le stage de préparation et du match face aux arméniens. Le moins qu’on puisse en dire est qu’il n’y est pas allé par 4 chemins. Extraits (d’après le site  lebuteur.com   : 
« Le joueur qui ne présente pas la forme, je ne le ferai pas jouer [ contre la Belgique ]et je l’enverrai à la plage de Rio pour se baigner….J’ai discuté avec les joueurs durant 1h40 et je suis revenu avec eux sur le match face à l’Arménie. Il y a beaucoup de choses qui ne m’ont pas plu. Je me suis fâché avec certains d’entre eux… »

 Pour le 200° match amical de son histoire, disputé face à la Roumanie, notre sélection s’est bien sortie d’affaire en l’emportant 2-1 sans sembler avoir été perturbée par la pluie battante et incessante, ni la suspension temporaire, par l’arbitre suisse, du match juste avant la pause, interruption causée par le jet sur le terrain de jeu, de fumigènes et autres projectiles divers de la part d’énergumènes inconscients et irresponsables prétendument supporteurs de l’équipe nationale algérienne.


M’bolhi retrouvait sa place dans les buts pour son premier match de l’année 2014. En défense centrale, confiance renouvelée au duo Bougherra, Bentaïba-Cadamuro déjà présent contre la Slovénie. Les 2 latéraux étant Mostefa-Sbaa et Ghoulam. Medjani  a assuré le rôle de sentinelle juste devant la paire centrale, entouré des jeunes récupérateurs, aux dents longues que sont Bentaleb et Taïder. Feghouli à droite et Djabou à gauche composaient le trio d’attaque en compagnie de Soudani au poste inhabituel d’avant centre.


Cet ensemble a bien débuté la rencontre puisque dès la 6° minute Djabou, bien lancé, tire au dessus de la barre. Le festival Djabou avait commencé. Dix minutes plus tard, il décale Feghouli à deux reprises mais les tirs de ce dernier ne font pas mouche. Djabou, encore lui, échappe à son vis-à-vis qui n’a d’autre ressource que de le bousculer à l’entrée de la surface, faute que l’arbitre ne sanctionne pas. Qu’à cela ne tienne car Djabou, insaisissable va causer un tour de rein à son adversaire direct en le mystifiant à l’aide de 2 crochets typiquement algériens, avant d’envoyer un centre fuyant que le gardien  fut incapable de maîtriser. Feghouli et Bentaleb s’élancent. Celui-ci arrive le premier et marque ainsi son premier but en sélection (22’)


Malheureusement on se relâche du côté algérien et les roumains vont en profiter pour semer la panique dans notre défense mal alignée, non complémentaire avec un Mostefa, pris dans son dos à 3 reprises et Bougherra,parfois à côté de la plaque face au rapide Ciprian Marica et aussi coupable d’au moins 3 relances hasardeuses et incertaines. Ce qui risquait d’arriver arriva. A la 28° minute une rapide contre attaque va permettre à Chipciu de contourner M’bolhi, sorti à son rencontre et de marquer dans les buts vides. A l’origine il y eut un cafouillage de Bougherra et Bentaïba-Cadamuro.La Roumanie très habile, va priver l’Algérie du ballon, sans toutefois arriver à être décisive, même à la suite de  grosses  occasions juste avant  la pause et juste avant que l’arbitre suisse mette fin prématuément à la partie en raison du jet d’une bouteille pleine sur le terrain. On craignit le pire en ayant en mémoire le sinistre souvenir du Stade de France envahi par des individus en Octobre 2001.


On finit par nous expliquer que le match est simplement interrompu et non définitivement annulé et l’on voit alors Halilhodzic, micro à la main, haranguer les spectateurs pour leur demander de ne pas perturber le match. Des spectateurs, il faut le dire, dans leur écrasante majorité, tout à fait joyeux mais pacifiques et disciplinés, venus pour certains, avec femme et enfants, pour prendre part à la fête du football.

 Les joueurs reviennent sur le terrain et terminent les 2 minutes restantes de la première période. Notre sélection est  tout de suite en action mais le très beau centre de Feghouli n’est pas exploité. Les joueurs changent de camp pour entamer la seconde période. Succession d’attaques de part et d’autre quand Feghouli n’arrive pas à conclure, quand M’bolhi est obligé de détourner en corner, sur aussi une très belle combinaison Taïder-Feghouli, lorsque Bentaleb ne cadre pas son extérieur du pied gauche (59’). Peu à peu les roumains vont paraître moins dangereux et notre défense beaucoup plus sereine et bien regroupée. La paire Bentaleb-Taïder pousse très haut et ce dernier va bénéficier d’un contre pour s’échapper sur la droite. Il va adresser un centre quasi parfait que Soudani n’a aucun mal à catapulter dans les filets du gardien remplaçant, Lang (66’)


Malgré les remplacements de Taïder par Yebda et Bentaleb par Lacen, la machine algérienne reste bien huilée et menaçante mais aussi maladroite à l’image de Soudani qui gâche une occasion immanquable (74’) .Ou encore de ce double une-deux entre Yebda et Mahrez (entré à la place de Djabou) que Yebda n’arrive pas à concrétiser (79’). Les roumains bénéficient d’un coup franc dangereux sur lequel notre défense finit par se dégager difficilement. Mais voilà que Slimani qui a pris la place de Soudani subtilise le ballon et s’en va seul vers la surface. Malheureusement, manquant de sang froid, il se précipite et adresse une pichenette anodine que Lang repousse facilement. Avec l’occasion ratée par Soudani, il s’agissait là de la balle du KO, et la réalisation d’un score très flatteur pour l’Algérie qui s’envolait.


Mais ne gâchons pas notre plaisir en faisant mine d’oublier que notre sélection en était à 4 victoires consécutives en 4 matches et qu’elle venait de battre 3 équipes européennes en l’espace de 3 mois en inscrivant 7 buts et en n’encaissant que 2. Du jamais vu dans le passé de notre sélection, dont les lacunes et les progrés sont tout à fait évidents. Il faudra  améliorer ce qui doit l’être et remédier aux insuffisances. Cette double revue d’effectifs a concerné 22 joueurs, seul le 3° gardien Si Mohammed n’a pas été utilisé. La concurrence est donc ouverte et les observateurs étrangers en seront pour leurs frais qui doivent s’interroger sur les futurs titulaires algériens. D’ailleurs Halilhodzic a reconnu lui-même qu’il n’avait pas encore en tête le onze qui débutera le premier match face à la Belgique.

Les futurs adversaires de l'Algérie, Belgique et Russie ont gagné chacun 2 matches et obtenu un match nul. La Corée du Sud a perdu ces 2 matches contre la Tunisie et le Ghana.


 Le dernier classement FIFA, daté du 5 Juin, reflète la progression de notre sélection, même si, semble-t-il, la victoire contre la Roumanie n’a pas été encore comptabilisée. L’Algérie est désormais 22° avec 858 points. Mais surtout, elle ravit à la Côte d’Ivoire la première place africaine. A l’exception de l’Ukraine (17°),  les 20  sélections qui la précédent au classement sont toutes qualifiées pour le Mondial brésilien, notamment ses futurs adversaires du groupe H, la Belgique (11°) et la Russie (19°)


« Last but not least », l’infirmerie algérienne est vide ! Pourvu que cela dure !


Les joueurs ont bénéficié de 48 heures de repos avant de se regrouper à Alger pour s’envoler, le 7 Juin au soir, par avion spécial,  vers leur camp de base final à Sorocaba (84 kms de Sao Paulo). Souhaitons-leur un bon voyage et un séjour fructueux.

 

 

                                                                               LE QUATRIEME MONDIAL DE L'ALGERIE

   Ils sont arrivés un dimanche matin. Pour eux et leurs supporteurs, le compte à rebours aura donc commencé en ce 8 juin aux environs de midi. Au cours d‘un stage sans histoires, dans le camp de base de Sorocaba, la sélection s’est préparée sereinement aux échéances importantes qui l’attendaient.Elle a dû ronger son frein puisque le groupe H fut le dernier à entrer en lice. Cela donnera l’occasion à tout ce beau monde d’être de plain-pied dans une aventure inconnue pour quasiment tous, exception faite de ceux déjà présents en 2010 en Afrique du Sud.Ils ont pu assister aux débâcles espagnole et portugaise, au ratage anglais, apprécier une fringante Colombie et découvrir une étonnante équipe du Costa Rica. Ces intermèdes ont même fourni l’occasion à Halilhodzic de dénoncer le pénalty « généreux » accordé au Brésil contre la Croatie…


La veille de la rencontre, chaque camp avait chauffé les tambours à sa manière :
Marc Wilmots le coach belge décare : " Je sais tout sur l'Algérie...Nous connaissons le jeu des algériens, à nous d'en tirer profit ".
De son côté Vahid Halilhodzic réplique : "Nous sommes prêts pour la Coupe du Monde...Nous sommes venus avec la ferme intention de réaliser l'exploit...nous n'avons rien à perdre" ajoutant  : " ... bien sûr que nous nous attendons à souffrir, beaucoup même..."


Les joueurs eux, apparaissent soit prudents, soit confiants : Van Buyten : " ce sera compliqué face aux Algériens". T. Alderweireld : " il faudra bien défendre face aux Algériens " . S. Feghouli estime : " contre la Belgique nous n'avons rien à perdre" et E. Belkalem est d’avis que " la Belgique n'est pas favorite ..."  


Mardi 17 Juin au stade Mineraio, de la ville de Belo Horizonte, fief des clubs de Cruzeiro et Atletico Mineiro, la parole leur était donnée pour affronter, la Belgique, tête de série. Le temps est clément, la température agréable, le stade très bien rempli, 56 800 spectateurs, y compris les 2 500 supporteurs algériens, joyeux et bruyants. Halilhodzic présente une équipe composée du gardien M’bolhi, des défenseurs, Mostefa-Sbaa, Bougherra, Halliche et Ghoulam. Le milieu de terrain est confié à Medjani, Bentaleb et Taïder. Feghouli et Mahrez encadrent  Soudani installé à la pointe de l’attaque, une surprise ! En face, une équipe de gala avec notamment  Hazard, Bebruyne et Witsel.


Le démarrage est lent. Des deux côtés, des passes latérales sans percussion, ni danger. Il faut attendre  la 15° minute pour voir Mahrez profiter d’un long dégagement de M’Bolhi et s’élancer sur la gauche vers les buts de Courtois. Son tir est malheureusement  largement loin du cadre. Les belges remontent bien le ballon, mais ils ont de la difficulté à trouver Lukaku, pris dans la nasse algérienne. Ils ont donc recours aux tirs lointains et Witsel est le premier à tenter sa chance, mais M’bolhi veille au grain. Ghoulam adresse un long centre vers la droite, Feghouli échappe à son vis-à-vis Vertonghen, qui n’a d’autre ressource que de le retenir par le bras et ensuite l’envoyer à terre en trébuchant sur lui. Le pénalty indiscutable est accordé par l’arbitre mexicain, Marco Rodriguez, assorti d’un carton jaune pour le latéral gauche belge. On jouait la 25° minute quand Feghouli transforme facilement en but la peine maximale. Piqués au vif, les belges se réveillent et veulent se montrer plus incisifs. Ils n’y arrivent toujours pas et Hazard n’est pas très inspiré. Alors ils s’essayent de loin comme le feront Debruyne et Chadli, en vain. La mi-temps survient sur ce score de 1- 0 en faveur de notre sélection, qui mène au tableau de marque sans avoir ni dominé, ni attaqué, ni tenté quoi que ce soit .


                                                                                
A la reprise, la possession du ballon et la domination territoriale sont l’apanage des maillots rouges belges. Seul Medjani exécute une reprise de la tête non cadrée, sur corner. On joue pratiquement dans la seule moitié de terrain algérienne. Les incursions belges se multiplient. Origi (qui a remplacé Lukaku, transparent) s’échappe entre Bougherra et Halliche, mais M’bolhi sorti à sa rencontre, dévie son tir. On joue depuis une bonne heure et la Belgique n’a toujours pas trouvé la solution pour franchir le mur algérien. Après l’entrée de Mertens, c’est celle de Marouane Fellaini qui va être décisive. Avec l’exercice favori de ce dernier : à savoir une balle aérienne et un coup de tête bien ajusté. C’est ce qui arrivera finalement à la 70° minute, d’autant que Halliche est en retard pour disputer le ballon à Fellaini qui réussit à égaliser. Les algériens ne réagissent pas. Pire. Une minute plus tard, le coach sans doute satisfait de ce nul, va faire sortir l’attaquant Mahrez pour le remplacer par Lacen, milieu défensif par nature et par excellence !


J’étais hors de moi. Ecoeuré par cette équipe algérienne qui me  remettait en mémoire le cauchemar d’il y a 4 ans à Polokwane. Complètement désenchanté par cette attitude inadmissible de joueurs, dont je savais qu’ils étaient capables de montrer autre chose. Assis au soleil depuis plus d’une heure, dans des places dans le coin, juste derrière le poteau de corner, censées être, si l’on en croit la FIFA, les plus chères et les meilleures, « réservées » aux supporteurs algériens, je n’en pouvais plus. Pour la première fois de ma longue vie, j’abandonnais un match avant son terme, pour aller chercher  quelque chose à boire. A la buvette, la queue était longue, mais il y avait le match en direct à la télé. J’ai ainsi pu voir le second but belge.


Victime d’une faute non signalée par l’arbitre, sur la ligne médiane, Feghouli perd le ballon qui échoit à Eden Hazard qui détale vers le centre de la défense algérienne. Confronté à Bougherra et Halliche, il va décaler  habilement Mertens, absolument seul sur la droite. Pas de couverture ! Où était Ghoulam ? Où était Lacen ? Mertens contrôle calmement, avance  et se fait un plaisir de fusiller M’Bolhi de prés. La Belgique avait fini par prendre la mesure de la barrière algérienne, sur la seule action digne de ce nom menée par Eden Hazard. Trois minutes plus tard, je faisais toujours la queue à la buvette du stade quand M’bolhi, le magnifique, sauve notre équipe et évite le 3° but, sur un coup de tête rageur de l’inévitable Fellaini. Je regagnais les gradins, pour assiter aux dernières minutes d’un match qui n’avait pas plus d’attrait qu’il en avait eu pendant 90 minutes.


Le coaching de Wilmots aura été payant. Ce sont les deux remplaçants qui ont inscrit les 2 buts belges. Mais la vérité est de dire que cette équipe belge, dont on attendait monts et merveilles, dont on a tant vanté le talent et les mérites, n’a pas su dominer son sujet. Face à une telle équipe les nôtres ont réalisé un match misérable et honteux. Perdre un match n’a rien de honteux, cela fait partie des règles de notre jeu.Ce qui est en cause ici, c’est la passivité coupable. Ils n’ont pas joué. Les statistiques ne mentent pas : 3 attaques. Pas un seul tir cadré. Si l’on excepte le pénalty…Parlons-en de ce pénalty, bien réel et justifié, mais tout à fait miraculeux. En ce sens que Vertonghen nous a offert un beau cadeau, car les images répétées de la TV  montrent bien que Feghouli n’avait aucune chance de reprendre le centre trop fuyant de Ghoulam. Ce pénalty réussi a finalement « aggravé notre cas ». On mène 1-0 et on se laisse vivre. On survit. Les minutes passent et on résiste toujours.  Pourquoi tenter quoi que ce soit ? Et l’on arrive à tenir  ainsi 70 minutes. Peut-être plus ? Pourquoi pas ? Cette façon de faire n’étant pas dans la nature de nos joueurs, elle ne pouvait s’éterniser, ni être efficace juqu’à la fin de la partie. M. Fellaini avait raison de déclarer : "  l'Algérie ne pouvait pas tenir 90' derrière ". Et E. Hazard de son côté : " nous savions que l'Algérie allait faiblir en fin de match".

Notons qu'en cette occasion, Nabil Bentaleb a été le plus jeune joueur algérien à disputer un match de phase finale de Coupe du Monde (19 ans, 7 mois et 24 jours).

                                                                                    
Le lendemain, Halilhodzic a juré ses grands Dieux qu’il n’avait pas ordonné cette  tactique ultra défensive. A mon humble avis, quelques uns de ses choix ont été toutefois discutables. A commencer par celui de Soudani, 1m68, connu pour être peu performant sur les ballons aériens, promu avant-centre, face aux  2 « armoires à glace » que sont Van Buyten et Kompany. Il aura immanquablement été invisible et impuissant. Cette expérience dèjà vécue lors du match amical contre la Roumanie avait pourtant constitué un échec. Il aura fallu 66 minutes au coach Vahid pour s’en rendre compte et le remplacer par Slimani. Au milieu du terrain il n’y avait aucun joueur susceptible de diriger la manœuvre.  Bentaleb et Taïder n’étant pas « taillés » pour un tel rôle. Et ils n’ont rien tenté dans cette direction. Le trio d’attaquants demeurait donc livré à lui-même. Tout autant que la défense qui subit, résiste, résiste et finit par lâcher, par céder, comme je l’écrivais il y a 4 ans du temps de Saadane. Halliche a eu un temps de retard sur le coup de tête décisif de Fellaini, comme il l’avait été sur le coup de tête de Drogba en Janvier 2013 à Rustenburg, lors de la CAN en Afrique du Sud. Enfin le remplacement de Mahrez par Lacen a été un signal non équivoque de l’état d’esprit conservateur du coach des algériens.


Alors les coupables conscients ou non seraient les joueurs, dont beaucoup de novices, paralysés par l’enjeu et l’énormité de la compétition. Ont-ils eu peur de recevoir une correction? Ont-ils trop surestimé cette équipe belge qui leur apparaissait telle une montagne, inattaquable et inaccessible ? J’étais furieux, car je savais qu’il y avait de la qualité dans ce groupe de joueurs. Depuis 2 ans ils nous avaient montré un autre visage, celui d’un football offensif, ambitieux et conquérant. Je reste  persuadé qu’en jouant leur jeu, ils auraient posé plus de problèmes à la sélection  belge.


Et dire que l’on a pu  lire : V. Halilhodzic : " Nous sommes passés à côté de l'exploit "...le quotidien El Watan : " il n'a pas manqué grand chose pour l'exploit ". C’est à se demander si nous avions vu le même match. Une nuit supplémentaire de sommeil a été très utile puisque dès le surlendemain le ton va totalement changer dans la presse. Ceux qui avaient des comptes à régler avec Halilhodzic, ne prendront pas de gants. Des commentaires parfois virulents ont été entendus de toutes parts. De la part de la presse, d’anciens internationaux, de coaches et de simples citoyens qui se sont demandé  pourquoi notre équipe avait refusé de jouer ! Jusques et y compris, ce supporteur belge vivant dans le même hôtel que moi qui, le lendemain, au petit-déjeuner, me disait  : " on ne vous a pas vus du tout ".


Pour sa part, un des organes de la presse locale a utilisé un titre curieux pour parler de notre match : " La Belgique maîtrise le zèbre et l'emporte en seconde mi-temps "... Zèbre étant le mot pour désigner l’outsider !! Drôles de zèbres, effectivement, nos joueurs, en l'occurrence !!


La seule consolation aura été de marquer 1 but en phase finale de Coupe du Monde. Cela ne nous était  plus arrivé depuis 28 ans, depuis Guadalajara en 1986, face à l’Irlande du Nord. On se console comme on peut, tout en gardant l’espoir de voir les nôtres réagir pour montrer au monde le vrai visage du football algérien. Le fiasco de 2010 en Afrique du Sud ne pouvait se renouveler. Nul n’en doutait.

 Un mot pour terminer, à propos de l’accès et la sortie du stade….La circulation automobile bloquée  à environ 3 km, il ne reste  plus que la marche à pied. Le long de cette avenue, unique accès au stade. Ignorant, vous avez mal calculé votre coup. Résultat : vous ratez l’échauffement des joueurs, la présentation des équipes, les hymnes nationaux et 5 minutes de match ! A la sortie, imaginez 50 000 personnes ( pour moitié étrangères ) quittant les lieux, en même temps, livrées à elles-mêmes, à l’affût d’un bus ou d’un taxi. Etonnant pour un pays comme le Brésil. Etonnant pour la 3° ville du pays, capitale d’un état important,  l’inexistence d’un moyen de transport public de masse (train ou ligne de métro) dans cette zone vitale de la métropole. Un stade qui, de plus, abrite, pendant toute l'année, les matches de deux des plus grands clubs du Brésil, Atletico Mineiro et Cruzeiro. La Coupe du Monde et les Jeux Olympiques fournissent généralement l’occasion d’améliorer les structures des transports. Dans de telles circonstances, en 2010, les petites  villes de  Polokwane et Rustenburg, en Afrique du Sud, pourtant peu équipées, avaient fait beaucoup mieux et su parer à l’essentiel. La circulation automobile était là aussi très réglementée, mais des bus étaient prévus pour transporter les spectateurs piétons jusqu’aux abords du stade, puis les réaccompagner de la même manière à la fin du match, jusqu'à un immense parking aménagé pour la circonstance.
Des efforts auraient donc pu être faits, alors que le progrès et le modernisme sont visibles au Brésil. En effet, sur la route menant à l’aéroport, le chauffeur de taxi nous a montré les bureaux  ultramodernes du Gouverneur de l’état de Minas Geraes, un superbe bâtiment, de forme cylindrique, tout en verre et acier, flanqué d’un héliport… Notre chauffeur de taxi nous ayant précisé que le moyen de transport régulier et favori de Mr le Gouverneur était l’hélicoptère (sic) !!

 

Cinq jours à attendre avant le second match face à la Corée du Sud. Corée-Russie (1-1) nous a montré que nos deux futurs adversaires n’étaient pas des foudres de guerre ! Bien qu’il faille toujours se méfier de certaines impressions trompeuses, un match ne ressemblant jamais à un autre, la confiance était, malgré tout, de mise du côté algérien. Le rachat était espéré et attendu. Les manchettes des quotidiens algérois ne disaient pas autre chose : " Tout un peuple vous attend "... " L'espoir est permis "... " On veut vous voit jouer ".


Le rendez-vous a lieu dans le stade de Beira-Rio, 42 000 places,  l’antre du club International SC , champion du monde des clubs en 2006, de cette ville de Porto Alegre, capitale de l’état du Rio Grande do Sul, la partie la plus méridionale du pays, limitrophe à la fois de l’Argentine de l’Uruguay et connue parfois comme la région gaucho du Brésil. A notre arrivée, l’hiver austral est présent. Il pleut et la température avoisine les 10 degrés centigrades.


Halilhodzic « révise ses batteries » et effectue 5 changements par rapport au premier match. Mandi et Mesbah sont les 2 latéraux. Au milieu Taïder cède sa place au meneur Yacine Brahimi. Slimani, débute d’entrée à la pointe de l’attaque et l’on donne sa chance à Djabou sur le flanc gauche. M’bolhi, Bougherra, Halliche, Medjani, Bentaleb et Feghouli sont reconduits dans le onze de départ.


A la quatrième minute Feghouli est accroché dans la surface. L’arbitre colombien Wilmar Roldan ignore le pénalty. Une tête de Slimani n’est pas cadrée. Ce sont les coréens qui entrent ensuite en action avec une tentative timide dès la 10° minute. Quatre minutes plus tard, ils obtiennent un corner. Les nôtres vont réagir par Mandi qui sollicite Slimani. Ce dernier tergiverse et finit par perdre le ballon. Encore cinq minutes et voici Medjani qui lance Slimani dans l’axe. L’action paraît prometteuse. Elle l’est effectivement, car Slimani, dans sa course vers les buts adverses, bien que pris en tenaille par 2 adversaires, est capable de contrôler le ballon de la poitrine, puis du bas ventre et d’une pichenette du pied gauche va battre le gardien coréen, sorti à sa rencontre. Second but dans le tournoi de notre sélection qui a de la suite dans les idées. En effet dès la remise en jeu des Coréens, notre milieu de terrain s’empare de la balle et va de l’avant. Un corner est obtenu sur la gauche. Djabou l’exécute à la perfection et Halliche, tout aussi parfaitement, d’un superbe coup de tête, va catapulter le ballon dans les filets. Il célèbre en sautant au ciel. Geste immortalisé dans une belle photo, reproduite le lendemain en première page du quotidien local, Correio do Povo (Courrier du Peuple) sous le titre : " Envol de l'Algérie ".


2-0 : Les joueurs s’agglutinent autour du banc dont les membres exultent. Les supporteurs sont aux anges. Il y a de quoi !  Les rumeurs insidieuses et les fausses nouvelles sur le prétendu chaos qui régnait au sein de l’EN, n’ayant pas manqué, à la suite de la défaite face à la Belgique.


La pression algérienne ne se dément pas. Les Coréens ne représentent plus aucun danger. Et à la 38° minute la cause est entendue. Déporté au centre et très bien servi par Slimani, Djabou, seul à l’entrée de la surface, et en première intention, envoie le ballon dans le coin des filets coréens, inscrivant le 3° but algérien.


En début de seconde période, face à des algériens qui semblent attentistes, les coréens sont aussitôt en action. Ils choisisent les longues balles, dans le dos de la défense au lieu des passes redoublées inefficaces de la première mi-temps. Sur l’une de ces balles aériennes, Bougherra commet une erreur et permet à H M Son  de réduire le score à la 50° minute, en marquant de prés, entre les jambes de M’Bolhi. Les asiatiques continuent de pousser, sur coup franc et sur un tir violent que M’bolhi devra dévier en corner.Un peu plus tard, M’bolhi est battu mais Mandi sauve miraculeusement sur la ligne.
                                                                                    
Les coréens on définitivement choisi la voie des ballons aériens. Témoin, l’entrée, à la 57° minute du géant  SW Kim, 1m96. Notre défense centrale va effectivement « bafouiller son football » et les coréens sont sur le point d’inscrire leur second but. Les algériens finissent tout de même par se réveiller. A l’heure de jeu et à la suite d’une récupération de balle à droite, Mandi sert rapidement Feghouli qui tourne sur lui-même et du coup élimine 2 adversaires. Il sollicite Brahimi de l’autre côté et s’offre pour le une-deux. C’est ce que fait Brahimi qui à son tour transmet et sollicite le ballon. Bien entendu Feghouli l’a bien vu et le sert idéalement dans la surface. Brahimi ne va pas rater une telle occasion et intelligemment glisse le ballon sous le ventre du gardien de but S R Yung. Une action de jeu d’école. Un magnifique double une-deux. Une phase de jeu de tableau noir, saluée et qualifiée de :  « But de Play Station » par Ronaldo en personne ! La relation que j’en fais ici peut paraître longue et pesante. Sur le terrain elle fut aussi rapide que limpide.


4 buts en Coupe du Monde. Le record de 3 buts, lors de la victoire de l’Algérie face au Chili en 1982 venait de tomber. Justement la dernière victoire de notre sélection en Coupe du Monde. Le soir même, on apprendra que jamais une équipe africaine n’avait inscrit 4 buts en phase finale  de Coupe du monde. Du beau jeu et des buts ! Supporteurs algériens mis à part, les autres 39 000 spectateurs qui ne savaient rien de l’Algérie, étaient conquis. Les coréens, comme à leur habitude ne renoncent pas, mais la réduction du score à la 71° minute par J C Koo, bien méritée, demeurait anecdotique.
Tour à tour Nabil Ghilas prend la place de Djabou (73’), Brahimi cède la sienne (77’) à Lacen et en fin de match (89’), Belkalem entre en remplacement de Bougherra, visiblement mal à l’aise. Blessure ou fatigue ? Les coréens essayent encore timidement, les algériens tiennent bon.


Nous étions heureux d’avoir retrouvé notre équipe et son jeu. Les changements opérés surtout au milieu et en attaque furent déterminants. Brahimi  a dominé le centre du terrain, Slimani et Djabou furent efficaces et si Feghouli n’a pas marqué, il a créé et combiné  avec Brahimi le but d’anthologie de la 62° minute. Cinq jours plus tôt, contre la Belgique,  j’avais raison d’être en colère car je savais  que les nôtres pouvaient et savaient mieux faire. En cette fin d’après-midi, ils venaient  simplement de se réconcilier avec tout : le beau football, le public et eux-mêmes !


Leur performance leur a valu des louanges amplement méritées. Dans les réseaux sociaux, Gary LINEKER n’a pas lésiné sur les adjectifs (6) pour qualifier le jeu de notre sélection : " l'Algérie a été terrific ( énorme, géniale), rapide, énergique, intelligente, compacte et incisive ". Encore un anglais : Michael OWEN  qui déclare : " Je ne m'attendais pas à un tel match, c'et le plus beau à ce jour ".


Marca.com, le site espagnol titre : " L'Algérie n'a pas encore dit son dernier mot ...L'Algérie renaît grâce à la paire Feghouli - Brahimi ".

O Sul (Le Sud), quotidien brésilien local, titre : " L'Algérie domine la Corée sur le terrain et dans les gradins ".

Correio do Povo y consacre plusieurs articles et titre sur l’une des pages : " L'Algérie de façon incontestable avec un jeu impeccable ".

Pour certains organes de presse locaux, ce match Corée du Sud-Algérie semblait jouir de moins de considération à Porto Alegre, en comparaison avec les visites précédentes de sélections huppées telles la France et la Hollande et surtout celle à venir de l’Argentine voisine et ennemie jurée. Le quotidien Correio do Povo, déjà cité ici, s’est chargé de répondre par ce gros titre, attirant et frappant sur 2 pages :"Etait-ce cela le match pourri ?" Et le journal de poursuivre : " dans un match à 6 buts, l'Algérie bat la Corée du Sud en un spectacle qui a surpris les 42 000 spectateurs du Beira - Rio. "


Terminons cette revue de presse locale en rappelant  un autre article de Correio do Povo, intitulé " un show d'enthousiasme " consacré aux supporteurs algériens et coréens qui  " ...ont protagonisé une fête différente de tout ce qui a été vu dans notre capitale au cours de cette Coupe ." L’article s’achève par cette phrase : " ... il y avait aussi la place pour défendre une cause, les nombreux drapeaux palestiniens étaient là pour le prouver."


Vahid Halilhodzic, heureux et longuement congratulé par ses joueurs a déclaré : " C'est la victoire de l'orgueil ." En Algérie, il est inutile de le souligner, ce succès éclatant  a été fêté, par la multitude,  partout et longuement. Il y eut malheureusement encore  à déplorer la mort de 2 personnes  et des dizaines de blessés. Les journaux n’ont pas été en reste : " L'audace récompensée... Soirée de rêve ." pour le quotidien Liberté. " Victoire retentissante titrait " titrait  El Watan.


Islam Slimani, 1 but et 1 passe décisive est élu MVP (Homme  du  match). Djabou, 1 but et 1 passe décisive lui aussi, méritait tout autant une telle distinction !


Tout comme à Belo Horizonte rien de prévu pour l’accès au stade de Porto Alegre. Mais, moindre mal, sa situation dans une zone basse de la ville permet d’y arriver de différentes directions, en taxi à moins de 500 mètres. A la fin du match, marche à pied obligatoire pour tous, avant de trouver un moyen de transport public ou privé.


Dans l’autre match du groupe H, La Russie, bien meilleure que contre la Corée du Sud, s’incline tout de même 1-0, dans les derniers instants, face à la Belgique. Celle-ci, avec 6 points, est qualifiée  pour le tour suivant. L’Algérie, seconde avec 3 points, n’a plus besoin que d’un petit point pour rejoindre elle aussi les 1/8° de finale. Un point qu’elle devra aller arracher à la Russie, quatre  jours plus tard, à Curitiba.

 L’objectif  est simple et clair pour algériens et russes : c’est l’occasion d’atteindre le stade des 1/8° de finale, pour la première fois de leur histoire. Dans cette perspective, les russes ont absolument besoin de la victoire. Les algériens peuvent se contenter du partage des points. La veille du match, pas de discours grandiloquents. Pour Fabio Capello : " ...il faut gagner ce match et donc marquer des buts..." Halilhodzic, lui, a rappelé ses déclarations antérieures pour expliquer l’enjeu : " ...contrairement à ce que j'ai déclaré en arrivant au Brésil, demain soir, nous avons beaucoup à perdre ."


Ce match était le dernier devant se dérouler dans la ville de Curitiba et son stade, Arena do Baixada, à l’architecture moderne, mais dont la pelouse laisse à désirer puisque les  2 équipes n’ont pas été autorisées à s’y entraîner avant le match. Depuis longtemps déjà, la FIFA avait annoncé que ce match allait sans doute se dérouler à guichets fermés. De fait, 39 000 spectateurs sont présents, un record par rapport aux précédentes rencontres.


Un seul changement dans la sélection algérienne, l’absence de Bougherra, remplacé par Belkalem. Rafik Halliche hérite du brassard de capitaine. Capello n’innove pas : Faizulin, Kerzakov et Kokorin sont présents d’entrée. L’arbitrage du match est confié au turc Cuneyt Cakir.


Les échanges sont tout de suite très vifs et partagés, un peu brouillons et les ballons aériens dominent. Sur l’un de ceux-ci, Medjani blesse son partenaire Feghouli. Personne ne s’en rend compte jusqu’au moment où le sang coule de son crâne sur son épaule. Cakir arrête le jeu et lui demande de sortir se faire soigner. Une action algérienne se développe sur la gauche entre Mesbah, Bentaleb et Djabou qui centre vers la droite où il n’y a personne. Un ballon perdu. Pas pour tout le monde, puisque Kombarov, le latéral gauche, s’en empare dans cette zone immensèment vide à cause de la sortie de Feghouli. Kombarov remonte rapidement le terrain, effectue un échange avec  un partenaire qui lui remet aussitôt le ballon dans le sens de la course. Sans contrôle, Kombarov va envoyer un centre très précis à l’entrée de la surface algérienne. Le jeune Kokorin idéalement placé et démarqué entre Belkalem et Halliche, reprend de la tête dans la lucarne de M’Bolhi impuissant. Un but splendide, après 6 minutes de jeu, à la suite d’un beau contre russe, un peu favorisé par l’absence de Feghouli que Brahimi n’a pu tout à fait suppléer.


Les russes émoustillés gardent le contrôle de la situation. Leurs échanges sont bien coordonnés, toutefois  sans danger marquant pour la cage algérienne. Après 12 ou 13 minutes les algériens vont enfin mettre le pied sur le ballon et l’on assiste à deux combinaisons entre Slimani et Feghouli puis ensuite entre Brahimi et Feghouli. Les russes répondent par une tentative de Kerzakov et un coup de tête de Kokorin, non cadré.


Feghouli est de nouveau invité à aller se faire soigner. L’Algérie joue à 10. Pas de conséquence grave cette fois-ci. Les attaques des 2 équipes alternent. A la 28° minute, sur un corner exécuté par Djabou, Slimani prend le meilleur sur les défenseurs adverses. Son coup de tête est difficilement détourné en corner par Akinfeev ; de plus Mandi était en position de hors jeu. Les algériens poussent encore, toujours de la gauche et 2 minutes plus tard, alors qu’il va armer son tir, à l’intérieur de la surface, Slimani est retenu par le maillot. L’arbitre ne sanctionne pas le défenseur Kozlov sur ce pénalty évident. A partir de cet instant, les algériens vont garder la maîtrise du jeu et multiplient les attaques. On en comptera au moins 6 contre 2 timides répliques russes.

Au retour des vestiaires, les russes se montrent aussitôt et une belle combinaison va offrir une occasion en or au milieu remuant Samedov qui se retrouve seul face à M’bolhi…Malchanceux, il sera contré par un M’bolhi très bien inspiré dans sa sortie. La plus belle opportunité des russes, le but du KO, venait de s’envoler. Le latéral Kombarov est très présent  sur le flanc gauche. Il va même  tirer au but mais M’bolhi veille au grain. De l’autre côté c’est Kerzakov qui tente sa chance. Son centre tir est dévié en corner. A deux reprises, Slimani ne finit pas les actions menées avec ses partenaires. La seconde fois, sur un coup franc bien exécuté par Brahimi, il va commettre une faute sur son vis-à-vis. Partie remise dirons-nous….En effet, le long de la touche, Djabou s’amuse avec Kozlov qui le ceinture. L’arbitre accorde le coup franc, un vrai petit corner. Brahimi adresse le ballon au second poteau et comme d’habitude Slimani est là pour cette fois-ci reprendre victorieusement de la tête dans le coin des filets d’Akinfeev qui a totalement raté sa sortie. Il aura fallu une bonne heure aux algériens pour revenir au score et accrocher le point du nul qui pourrait suffire à leur bonheur.


Les russes repartent du bon pied et M’bolhi sur un tir de Kokorin est obligé de s’y reprendre à 2 fois. Brahimi sert idéalement Djabou. Le tir de l’extérieur du pied gauche trouve Akinfeev à la parade. Cinq minutes plus tard c’est Kerzakov qui met M’bolhi à l’épreuve. Les 2 gardiens vont faire bonne garde successivement sur des essais tour à tour de Feghouli et Samedov. Les 2 coaches épuisent leurs 3 remplacements. Du côté algérien à partir de la 71° minute quand Yebda prend la place de Brahimi et  Nabil Ghilas celle de Djabou. Des substitutions à caractère défensif, puisque Ghilas va, pendant les 15 minutes restantes, jouer en tant que second latéral droit, tout près de son compère Mandi. A la 90° minute Soudani entre à la place de Slimani, passablement fatigué.


Quatre minutes de temps additionnel ne changeront rien au score nul 1-1. Et l'Algérie se qualifie pour le second tour . L'espoir était permis. Le rêve venait de se réaliser. C’est alors une indescriptible explosion de bonheur au sein des supporteurs algériens. Ils ne bougent pas d’un pouce. Le sort a voulu qu’ils  soient  installés dans une tribune basse, juste derrière le banc algérien. La communion va être parfaite avec les joueurs et les membres du staff. Ils vont leur passer drapeaux et banderoles et pouvoir célébrer longuement, avec eux, cet exploit du passage aux 1/8° de finale  d’une phase finale de Coupe du Monde, pour la première fois en 4 participations.


Une très grande joie qui bien entendu contrastait avec la tristesse d’une équipe russe sans doute très frustrée par un tel résultat négatif, après avoir beaucoup  tenté. Mais les maladresses,  la bonne défense algérienne qui n’a jamais paniqué et enfin un M’bolhi souverain en ont décidé autrement.


Quatre ans plus tard, Fabio Capello, à la tête d’une autre grande nation sportive, n’arrivait pas à vaincre l’Algérie en phase finale de Coupe du Monde. Ses allusions contestant l’arbitrage et l’utilisation de laser par des supporteurs algériens n’ont pas été très appréciées, venant de la part d’un entraîneur de sa catégorie. En criant « Capello Himaro (âne) » quelques supporteurs algériens n’ont pas été très gentils avec lui !


Halilhodzic, débordé par l’émotion, a pleuré dans les bras de tout le monde : Raouraoua, ses adjoints, les membres des différents staffs, les joueurs. Pour lui, avec une courte participation comme joueur en 1982 puis privé injustement de Coupe du Monde en 2010, comme entraîneur, ce fut là un grand jour. Sous sa direction, la sélection algérienne venait de réussir un grand exploit, en faisant preuve de maturité et de maîtrise. A l’issue du match, il a fait part de ses sentiments : " c'est un moment magique, le plus beau sans doute de toute ma carrière... je pense au peuple algérien, il m'a tellement soutenu, il mérite tellement ce bonheur .


Islam Slimani est  de nouveau élu MVP (homme du match)
                                                                                 
Cette qualification est saluée partout. Le journal local de Curitiba, La Gazeta do Povo (La Gazette du Peuple) n’y est pas allé par 4 chemins. Conquis, il a titré simplement : " Viva l'Algérie ." Il faut dire que les 3 matches ayant précédé celui de l’Algérie, furent vraiment insipides car sans enjeu véritable. De plus, aucune des 6 équipes ayant déjà joué dans cette ville, Australie, Espagne, Honduras, Equateur, Iran et Nigeria n’était accompagnée par des supporteurs flamboyants, tels ces algériens compacts et multicolores qui ont porté leur équipe à bout de bras et sans répit. Un journal local a écrit : " c'est une vraie torcida de club." Torcida étant le mot pour désigner les supporteurs.


En Algérie, la ferveur est au-delà de toute mesure et les célébrations couvrent l’ensemble du territoire.

Seconde de son groupe H derrière la Belgique qui a fait « carton plein » avec 9 points, la sélection algérienne est appelée à rencontrer le premier du groupe G, à savoir l’Allemagne. Pour beaucoup, une occasion propice pour rappeler Gijon et le match de 1982 et aussi ce qui a suivi, le match de la honte entre la RFA et l’Autriche ayant contribué à l’élimination de l’Algérie. 32 ans étaient passés. Certains, trop jeunes ignoraient tout de ces épisodes. D’autres les avaient simplement oubliés. De quoi alimenter les commentaires d’avant match de ce 1/8 de finale inédit, la presse locale ne s’en est pas privée. Pourtant l’Allemagne actuelle réunifiée n’a rien à voir avec la République fédérale d’autrefois. Surtout que les joueurs de la présente équipe d’Allemagne semblent plutôt des pros sympathiques, comparés aux quelques matamores arrogants de 1982.


Pour les algériens, il y avait un 2° tour historique à vivre et à jouer. L’aventure se poursuivait, il n’y avait que du bonus et du bonheur à attendre d’une telle confrontation avec une des meilleures équipes du monde et surtout la plus régulière au sommet de la hiérarchie du football mondial. Parlant du match, Joachim Low, coach allemand, a été à la fois prudent et élogieux… : ... ceux qui pensent que la qualification aux 1/4 de finale sera facile, se trompent [ l'Algérie ] est une équipe de qualité ."


Retour donc à Porto Alegre et son stade de Beira-Rio, plein et multicolore, où la pluie menace. Les spectateurs brésiliens sont les plus nombreux. Revêtus de maillots de la sélection du Brésil, mais beaucoup d’entre eux  portent le maillot rouge de l’Inter ou le bleu du Gremio, les 2 grands clubs rivaux de Porto Alegre. L’affiche est attractive, l’Allemagne qui n’a pas besoin d’étre présentée contre une Algérie qui les a agréablement surpris face à la Corée du Sud. Par ailleurs, il faut préciser qu’il y a eu dans cette partie du Brésil, (états du Rio Grande do Sul et celui voisin de Santa Catarina) une très forte implantation germanique, allemande et autrichienne au 19° siécle et leurs descendants tous de nationalité brésilienne, ne cachent nullement leur soutien à la Mannschaft.


L’Algérie va se présenter avec un onze ayant encore subi quelques modifications. En féfense, Ghoulam remplace Mesbah. Le milieu de terrain est confié à des joueurs expérimentés, Lacen et Mostefa-Sbaa, enfin à sa place, accompagnés par Taïder. Soudani revient à l’aile gauche pour compléter le trio d’attaque avec Slimani et Feghouli. En face, Khedira et Schürrle sont sur le banc au profit de Schweinsteiger et Götze. La paire de défense centrale, Mertesacker-Boateng est reformée. Lahm joue au milieu, donnant sa chance au latéral droit Mustafi.


Les allemands vont monopoliser le ballon pendant un peu plus de 5 minutes. Il s’agit de passes latérales redoublées sans percussion. Taïder s’interpose sur l’une d’elles et effectue un long centre en direction de Slimani qui prend de vitesse ses vis-à-vis. Mais c’est le gardien Neuer qui va « sauver les meubles ». Sorti loin de ses buts, il va contrer  en corner, le tir du gauche de l’avant centre algérien. 2 minutes plus tard, Feghouli alerte Slimani bien en profondeur, mais qui malheureusement oublie le ballon derrière lui et est taclé par Mertesacker.
Les allemands répliquent par Schweinsteiger. M’bolhi doit s’y reprendre  à deux fois et aussitôt relance vers Feghouli qui, sur la droite, va exécuter un très beau numéro éliminant 3 défenseurs allemands. Il se retrouve seul à la gauche de Neuer. Il va malheureusement «  s’enflammer » et tirer au dessus des buts dans un angle très difficile, alors que Taïder attendait un centre à moins de 2 mètres de la ligne de but. Une occasion en or gâchée par précipitation et manque de lucidité. Les allemands maîtrisent la possession, mais les algériens sont nettement plus percutants aussitôt qu’ils récupérent la balle.

                                                                             
Ainsi très rapidement, à la 17° minute, Soudani, sera bien lancé sur la gauche. Sans attendre, il adresse un très belle passe liftée qui atterrit parfaitement sur la tête de Slimani. Le ballon va toucher le sol juste devant les buts puis heurter le dessous de la barre supérieure pour finir sa course dans les filets. Hélàs le but est annulé pour cause de hors jeu de Slimani, de quelques centimètres. Inutile et pas trop le temps de se lamenter puisque voici à nouveau Soudani qui décale le défenseur Ghoulam,  idéalement placé face à Neuer. Hélàs, lui, le gaucher aux passes très précises, ne va pas cadrer sa frappe. Trois opportunités sur des contres très rapides, qui ne doivent rien au hasard et un but hors jeu…l’Algérie mène largement aux points. On peut légitimement avoir des regrets, pour ces occasions non concrétisées.


D’autant plus vrai, qu’à partir de ce moment ce sont les allemands qui se feront plus pressants, plus présents et plus incisifs avec tour à tour des essais de Müller et  Özil. Nouvelle tête de Müller, un tir d’Özil renvoyé par M’Bolhi sur Müller heureusement hors jeu. Ce seront là 15 minutes entièrement à l’avantage des allemands. Les nôtres finissent par se dégager et Ghoulam effectue une longue touche dans la surface. Un cafouillage s’ensuit qui permet à Mostefa-Sbaa, bien placé aux 20 mètres, d’adresser un violent tir cadré, qui sera dévié en corner par le pied de Boateng. Ce sont tout de même les allemands qui auront le dernier mot avec un très beau tir bien cadré de Kroos que M’bolhi va renvoyer sur Götze qui a suivi et a failli ouvrir le score, n’était-ce la nouvelle sortie décisive de M’bolhi. La mi-temps va être sifflée par l’arbitre brésilien Sandro M. Ricci, après un nouveau tir de Kroos au dessus de la transversale.


En seconde période, Schürrle, entré à la place de Gotze, est tout de suite opérationnel  à droite et obtient un corner. Le défenseur Mustafi de la tête envoie le ballon dans les bras de M’bolhi. Nouveau rush de Schürrle qui provoque un gros cafouillage et Ghoulam concède le corner. Sur le flanc gauche, les algériens conduisent une intéressante contre attaque à 5 qui se termine par un tir contré de Soudani. Les allemands, après une longue série d’échanges, vont tenter leur chance par Lahm dont le tir à mi-hauteur est détourné en corner par le gardien algérien. Schürrle est vraiment très actif. Il tire au dessus puis oblige Halliche à concéder le corner. Mustafi blessé est remplacé par Khedira, ce qui pousse Lahm à jouer désormais arrière droit. De la gauche, Ghoulam adresse une belle transversale destinée à Slimani qui prend le dessus sur Mertesacker, mais Neuer sauve la situation au pied, en jouant au libero.


Les échanges sont rapides et le ballon voyage d’un camp à l’autre. Nouveau tir de Schürrle, belle percée de Feghouli, non cadrée. Slimani envoie faiblement dans les bras de Neuer. Brahimi remplace Taïder. Course de Müller à gauche qui envoie sur la tête de Schürrle, essai non cadré. A la 80° minute l’action la plus dangereuse est allemande quand Khedira centre de la droite sur la tête de Müller, à bout portant, heureusement dans les bras de M’bolhi. A la suite d’un nouveau corner, Belkalem va sauver sur la ligne quasiment. Mais Soudani sollicite aussitôt Feghouli qui est devancé par Neuer,  encore dans ses 30 mètres. Feghouli à nouveau, dans la surface, crochète son adversaire et de l’extérieur du pied ne trouve pas le cadre.


A la 86° minute, après une main de Feghouli, les allemands vont nous offrir un épisode incroyable sur l’exécution de cette faute bien placée. Ils sont 5 à tenter la combinaison : Schweinsteiger qui feinte la course mais ne la finit pas, Müller qui le suit mais trébuche ; l’exécutant principal Kroos hésite puis finit par envoyer un tir mou, inoffensif par-dessus le mur algérien. Lahm et  Özil regardent, médusés ! Voici maintenant la 4° et dernière sortie de Neuer pour contrer à nouveau Feghouli du pied. 4 minutes de temps additionnel qui vont intervenir après une dernière attaque allemande qui se termine en corner, sur lequel M’bolhi est impeccable.
                                                                                     
Après 90 minutes vraiment intenses et de bonne qualité, voici donc une nouvelle équipe africaine, capable de tenir en échec les allemands, comme l’avaient fait les ghanéens (2-2) dans le groupe G. Une vaillante sélection algérienne, jouant sans complexes, a mis à rude épreuve la pourtant solide organisation des champions allemands et parvenait à les contraindre à la prolongation.


 L’entame allemande, a lieu pied au plancher, quand Müller échappe à Mandi et peut centrer de la gauche vers les 6 mètres algériens. Schürrle opportuniste, devance tout le monde et reprend d’une invraisemblable talonnade du pied gauche qui passe dans son dos, trompe M’bolhi et se termine dans les filets algériens. On jouait la 92° minute. Un but de raccroc, tout à fait bizarre, mais bien valable qui va s’inscrire au tableau de marque. Schürrle, très fair play dira plus tard : " je ne sais vraiment pas comment j'ai marqué ce but ."


Les allemands vont être plus tranquilles. Halliche, blessé, cède sa place à Bougherra et Djabou prend celle de Soudani. A la sortie d’un corner, Mostefa-Sbaa dispose d’une belle occasion sur un renvoi de la défense allemande, mais son tir passe à côté des buts. Brahimi dribble Lahm qui lui arrache carrément son short et écope d’un carton jaune. Le coup franc rentrant bien exécuté par Brahimi, n’est pas exploité par les attaquants algériens. Kramer remplace Scweinsteiger et combine bien avec Schürrle, infatigable et insaisissable. Sollicité par Lahm, ce dernier, démarqué au milieu de la défense algérienne, prise de court, va avancer, réussir le une-deux avec Özil puis tirer  au but, M’bolhi battu est suppléé par Mandi qui dégage faiblement sur Özil qui marque de près le second but libérateur, malgré la présence sur la ligne de but de M’bolhi, Belkalem et Mandi.On jouait la 119° minute du match.


Aucun abattement, ni affolement de la part des algériens qui vont repartir  de l’avant avec une combinaison Brahimi-Feghouli. Ce dernier adresse un centre fuyant vers la gauche. La défense allemande est battue et Djabou déboule à toute vitesse pour envoyer le ballon dans les filets de Neuer. Réduction du score méritée. Après la remise en jeu et sur un long dégagement de M’bolhi, Bougherra de la tête, dans la petite surface, n’arrive pas à conclure victorieusement devant Neuer.A l’issue de 122 minutes excitantes, le dernier baroud d’honneur était algérien, la qualification  revenait à l’Allemagne. Consolation : c’est le gardien algérien Rais M’bolhi qui a été élu MVP !


Au bout du compte, peu de choses à reprocher à nos joueurs. Ils ont défendu leurs chances avec talent, détermination et intelligence. La finition a fait parfois défaut et ainsi de très belles occasions ont été gâchées, mais ils n’ont pas cessé de jouer et de tenter jusqu’à l’ultime minute d’un match au cours duquel ils n’ont jamais été « les petits » face au « géant ». L’Algérie venait de tenir la dragée haute à une sélection allemande à l’ossature expérimentée, composée de professionnels sérieux, talentueux et disciplinés qui jouent ensemble depuis plus de 4 années et dont la cohésion est impressionnante. L’opposition algérienne fut conséquente. Nous ne le savions pas encore, mais nous venions d’être éliminés par les futurs champions du monde ! Pour les allemands, la qualification était acquise, mais ils savaient qu’ils avaient encore à souffrir. Ils étaient conscients de tout cela, car sur le terrain les célébrations furent courtes et sobres.Celles des supporteurs quasiment inexistantes.


J’en ai personnellement eu la confirmation à la sortie du stade en côtoyant des allemands plus que discrets. Ensuite, quelques heures plus tard, au restaurant, où une vingtaine d’autres allemands, pas fêtards pour un sou, dînaient dans un silence étonnant. C’était à croire que l’Allemagne venait d’être éliminée !! La presse allemande n’a pas été tendre pour Low et ses hommes.

                                                                                     
Après une qualification historique pour le second tour de la Coupe du Monde et un comportement plus qu’honorable lors de ce 1/8° de finale, les  algériens eux, n’ont pas été avares en célébrations. Sur place, au stade, hors du stade et bien entendu  partout où des algériens vivent et résident.


En Algérie, on a festoyé jusqu’au petit matin. Et 2 jours plus tard c’est l’accueil populaire, triomphal qui est réservé à la délégation sportive de retour du Brésil. Tout comme en 2009, de retour de Khartoum, joueurs et entraîneur, tous juchés sur un bus à impériale, ont mis 3 heures à parcourir les 17 kilomètres séparant l’aéroport du centre ville, passant par les quartiers populeux et populaires qui leur ont rendu un hommage mérité. Le soir, ce fut le tour des autorités du pays d’accuellir les « héros de Porto Alegre ». Le président Bouteflika en profite pour demander à Halilhodzic de continuer son travail à la tête de la sélection.


Il faut dire qu’à l’issue de la compétition, chacun se préoccupait de l’avenir et se demandait de quoi sera fait demain : Gourcuff ou Halilhodzic ?  Beaucoup avaient choisi ce dernier, en créant notamment des pages sur les réseaux sociaux en langues arabe et française afin de demander aux responsables du football algérien, son maintien à la tête de l’EN. Même dans les médias qui l’ont parfois critiqué, il y eut des voix qui ont su lui rendre hommage. En voici 2 exemples :


" Fortement critiqué par la presse, à tort ou à raison, coach Vahid quitte la sélection par la grande porte. les supporteurs présents au stade Beira - Rio lui ont exprimé leur reconnaissance en scandant son nom..." peut-on lire dans un article d’El Watan daté du 2 Juillet 2014 et signé  M.A.O. Dans le même quotidien et sur la même page il est écrit dans un autre papier signé  R.N. : " L'exploit des Fennecs est dû aux joueurs... mais aussi à l'apport d'un homme qui a su construire ce team soudé...un meneur d'hommes qui a su gagner le respect et la sympathie des supporteurs malgré les critiques de la presse sur son caractère."


Un vrai contraste tout à fait frappant avec le passé récent et lointain, quand la règle générale était de vilipender coûte que coûte, le sélectionneur…Il était nécessaire de le souligner.


Justice était rendue à un homme qui, trois années durant, s’est acquitté de sa tâche avec un très grand dévouement et une véritable loyauté. Ne se contentant pas de remplir un simple contrat bien rémunéré, il a vécu dans sa tête et son corps différentes péripéties, traversées avec un groupe plus ou moins démoralisé au départ, qu’il a façonné et fait progresser en dépit de certains faux pas, comme celui de la CAN 2013, en Afrique du Sud. Une équipe jeune, désormais offensive et qui profite de la Coupe du Monde pour établir des records. 4 buts dans un même match et égaler le  total de 7 buts par une sélection africaine.  Ce qui a permis à l’Algérie d’être classée, par la FIFA, au 13° rang parmi les 16  pays qualifiés pour les 1/8° de finale. Grâce aux joueurs transfigurés par Halilhodzic, certainement un homme de devoir, honnête et sérieux.  Débordé par l’émotion, les larmes qu’il a versées sur le bord de la touche à Blida, Curitiba et Porto Alegre n’étaient pas celles d’un crocodile.


Sur le terrain le bilan fut satisfaisant. 18 victoires (dont 7 à l’extérieur ou en terrain neutre) et 5 matches nuls pour 7 défaites (une seule à domicile) sur un total de 30 matches au cours desquels les verts ont inscrit 52 buts (moyenne 1,73 par match) et en ont encaissé 27 (moins d’1 but par match).

 Un sélectionneur qui, 4 jours plus tard, le 6 Juillet, fera publier sur le site web de la Fédération un communiqué annonçant son départ. Une déclaration très équilibrée et mesurée, très probablement rédigée par les soins de la Fédération avec son assentiment et dans laquelle il remerciera le Président de la République, le Premier Ministre et le président de la FAF qui " a mis à la dispostion du groupe, tous les moyens nécessaires pour assurer cette difficile mission. " Dans ses hommages, il n’oubliera pas  ses collègues des différents staffs, les joueurs et il tient " à associer au succès de l'équipe nationale , le formidable public algérien qui m'a soutenu dès le premier jour et m'est resté fidèle..."
Un bémol dans ces éloges lorsqu’il ajoute : " je tiens à relever le comportement indélicat d'une certaine presse, pas toute heureusement, qui n'a cessé de stigmatiser non seulement mon travail , mais s'en est pris à ma propre personne et à ma famille, ce que je n'oublierai et ne pardonnerai jamais ." Il se déclarera " fier de son bilan" et expliquera son départ par " des raisons d'ordre falmilial et l'attrait de nouveaux défis sportifs ..." Beaucoup, beaucoup de gens regretteront son départ. J'en fais partie.


Une semaine passe et l’on voit Halilhodzic arriver en Turquie recruté par le club de Trabzonspor, bien moins huppé, derrière ceux que tout le monde connaît, Galatasaray, Besiktas et Fenerbahce. Un « atterrissage » étonnant pour quelqu'un qui vient de disputer un 1/8° de finale de Coupe du Monde. Le fait qu’il avait déjà, dans le passé, effectué un séjour dans ce club explique-t-il ce choix ? Ou bien s’agit-il d’une décision prise sur un coup de tête, après l’épisode de la visite de Gourcuff à Sidi Moussa ? On ne le saura sans doute jamais. En tout cas il s’agit à mon avis d’un défi sportif bien modeste !!  Sauf si Coach Vahid arrive à en faire un club leader en Turquie ! Sait-on jamais ?

On peut dire qu’en raison de la nature de ce départ, coach Vahid en avait « gros sur la patate » et cela va durer ! La preuve en est que 3 ans et demi plus tard, début Janvier 2018, dans une longue entrevue accordée au site Goal.com, il n’avait toujours pas « digéré » ;   «  il déclarera regretter amèrement, comment en si peu de temps, on a détruit tout ce qu’il avait patiemment construit pendant 3 ans. Aujourd’hui, l’équipe d’Algérie n’existe pratiquement plus » martèle-t-il. Il terminera en affirmant qu’il n’a pas toujours su bien gérer sa carrière. « Il y a eu des choix bizarres comme celui d’aller à Trabzon »

 


Au classement FIFA, notre sélection, 24°, recule de 2 places mais augmente son compte points (872). Elle conserve la première place africaine devant la Côte d’Ivoire.


Encore quelques jours et voici, qu’à l’issue de sa réunion statutaire, le Bureau fédéral rompt enfin le silence et annonce le recrutement officiel de l’entraîneur français Christian Gourcuff en vue de diriger les sélections algériennes  A et A’. Sans indication de la durée du contrat devant être signé,  qui désignera comme objectifs, la qualification pour les CAN 2015 et 2017 ainsi que pour la Coupe du Monde 2018. Le futur sélectionneur étant par ailleurs appelé à participer au développement du sport et à la formation. Une page est tournée. De quelle nature seront les suivantes ?

 

 

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