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  L E   P A R C O U R S  
 

                                                                                           LE  CHANTIER  RESTE  OUVERT

 

En cette fin de mois de Mars, le staff technique avait programmé deux rencontres amicales. La première, à Alger, contre la Tanzanie. La seconde, à Graz en Autriche, à l’invitation de l’Iran. Dans cette perspective, le sélectionneur Rabah Madjer a retenu une liste de 24 joueurs, dans laquelle les locaux du championnat d’Algérie étaient au nombre de 11 !  Parmi lequels, 4 nouveaux jamais convoqués, à savoir, 2 milieux de terrain, Salim BOUKHENCHOUCHE (JS Kabylie) et Abdennour BELKHEIR (CS Constantine) ainsi que 2 attaquants : Lamine ABID (CS Constantine), en tête des buteurs du championnat, et le jeune Farid EL MELALI (Paradou AC).

De nombreuses discussions et commentaires, n’ont pas manqué à propos des absences dans cette liste, de M’bolhi et Feghouli. Il en fut de même au sujet de la présence d’Esssaid Belkalem, absent des terrains depuis deux années pleines et de retour dans les rangs de la JS Kabylie, avec laquelle il n’a joué que 3 matches. Et enfin la convocation d’Islam Slimani n’ayant plus joué 1 seul match depuis décembre 2017, depuis son prêt à Newcastle, d’abord pour des choix tactiques de son entraîneur Benitez et ensuite en raison d’une blessure musculaire.  
On peut également noter le retour du latéral gauche Mokhtar Benmoussa (31 ans), absent de la sélection depuis 2012, de Nabil Bentaleb bien remis de sa blessure, ainsi que de Saphir Taïder qui n’a encore joué aucun match sous les ordres de Madjer.

On s’est interrogé également sur le choix d’un sparring-partner comme la Tanzanie, située très loin dans le classement FIFA et surtout dont la dernière production à Blida en 2015, s’était achevée par un cinglant 7-0 en faveur des algériens. Beaucoup auraient souhaité avoir affaire à un adversaire d’un autre calibre. Bref, les commentaires, positifs ou négatifs ne font jamais défaut.

Le 22 Mars, de retour au stade du 5 Juillet d’Alger, notre sélection s’est présentée dans un schéma nouveau, en 3-4-3, avec la titularisation de Boukhenchouche et l’absence de Yacine Brahimi, blessé. En face, en dehors de Samata, pourtant très loin de son niveau de 2015, le reste de l’équipe s’est avéré d’un niveau moins que moyen. Notre sélection a ouvert le score à la 12° minute, par l’avant-centre Bounedjah, à l’issue d’un une-deux avec Mahrez. Les tanzaniens, Samata en tête, ne se laissent pas impressionner et menacent notre gardien Chaouchi. Sur un corner, ils parviendront même à égaliser.

Visiblement déboussolés par le nouveau schéma, nos défenseurs et milieux s’avérent incapables de relancer vers leurs attaquants, pratiquement privés de ballons et qui doivent se « débrouiller ». Juste avant la mi-temps un défénseur tanzanien marque contre son camp.
L’animation est meilleure au retour des vestiaires puisque les verts réussissent de très intéressants mouvements offensifs permettant de porter le score à 4-1, grâce à Medjani sur corner et Bounedjah, pour un quatrième but, fruit d’une très belle inspiration qui lui a permis de mettre dans le vent deux défenseurs et le gardien. Mais il y eut aussi au moins 3 occasions franches, gâchées par excès de précipitation ou maladresse par Soudani et Bounedjah.

Toute opposition adverse avait disparu depuis longtemps et le score final était donc à la fois flatteur et trompeur. La prestation d’ensemble des algériens ayant été loin d’être performante. On pourrait estimer qu’il s’agissait là de la première rencontre depuis Novembre et que les 2 jours de stage n’ont pas pu permettre de faire mieux. On espérait donc autre chose 5 jours plus tard, face à l’Iran, qualifié pour le Mondial russe et invaincu depuis 14 matches. On attendait une réaction d’orgueil et de talent de la part des nôtres contre un adversaire qui, à Tunis, face à la Tunisie n’avait rien montré et perdu 0-1.

L'Iran, sans star, sans génie ni talent, va, en tant que groupe compact, équilibré et discipliné, prendre tout de suite l’ascendant sur nos joueurs. Dés la 12° minute Azamoun prend le dessus sur notre charnière centrale et marque aisément de la tête. Sept minutes plus tard, les iraniens vont ajouter un second but, genre « but-gag », quand les deux attaquants iraniens se sont promenés au milieu de nos défenseurs paniqués et médusés. Toute l’équipe était assommée et elle ne s’en relèvera qu’à partir de la 50° minute, avec une période de domination et de création d’opportunités qui permettront à notre sélection de réduire la marque par le défenseur Chafai, sur corner, à la 56° minute.

Les iraniens étaient vraiment à la peine et le sélectionneur portugais, Carlos Queiroz va intelligemment y remédier en effectuant des remplacements judicieux qui ont eu pour effet de briser l’élan de nos joueurs. Les substitutions vont se multiplier, le rythme va tomber. Désormais on s’ennuie. Les grands gaillards iraniens, assez expérimentés, vont parfaitement gérer leur avantage d’un but jusqu’à la fin.
Deux sorties décevantes des hommes de Madjer, lequel laisse ses adjoints, Menad et Ighil répondre à la presse. Ce dernier insistera pour affirmer que leur formation est toujours en « construction ». Argument peu pertinent, tant notre sélection a semblé faire du « sur place ».

Déjà rétrogradée à la 60° place du classement mondial FIFA depuis le mois de Février, avec 553 points, notre sélection va probablement encore reculer après le résultat de ces 2 rencontres amicales. Effectivement, notre sélection, avec 516 points, figure désormais à la 62° place mondiale et la 11° africaine. Nouveau recul, lors du classement du mois de Mai, à la 64° place, à la suite d’un match inutile disputé à Cadix, par léquipe A’ (celle des locaux) et une défaite 0-2, face à l’Arabie Saoudite.


Sollicitée par le Portugal pour une rencontre amicale avant le Mondial russe, notre sélection avait programmé un match de reprise face à une équipe africaine. C’est le Cap Vert qui a été choisi, dont la plupart des joueurs appartiennent à des clubs portugais. L’idée n’était pas mauvaise d’autant plus que le Cap Vert venait juste de dépasser l’Algérie dans le classement mensuel FIFA. Tout cela début Juin en plein mois de Ramadan. Qu’à cela ne tienne !

Il n’y avait pas eu de grosses surprises dans la liste des joueurs convoqués par Rabah Madjer. Si l’on excepte le retour de Rafik Halliche après 3 années d’absence et ceux de M’bolhi et Feghouli jusque là « ignorés » par le sélectionneur. Finalement aucun des trois ne sera présent. Halliche et Feghouli, pour cause de blessure et M’bolhi qui s’est désisté parce que se jugeant inapte en raison de son arrêt de toute activité depuis plus d’un mois. N’oublions pas néanmoins de souligner le « retour en grâce » du latéral droit du Club Africain de Tunis, Mokhtar Belkhiter, appelé en 2017 et qui avait ét aussitôt « banni » de la sélection à la suite d’une erreur durant le match contre le Zimbabwe.
Il est difficile de qualifier ce match qui s’est terminé 3-2 à l’avantage des visiteurs : Test raté ?  Déroute des verts et blancs ? Faillite du staff technique ?

Le onze présenté au coup d’envoi était ce qu’il y a de mieux possible en cette fin de saison, en 4-2-3-1, Bounedjah prenant la place de Slimani, à la pointe de l’attaque. Les débats ont commencé de manière très favorable pour notre sélection qui marque sur corner par Bensebaïni, dès la 5° minute. Les cap-verdiens ont tout de suite montré qu’ils n’étaient pas maladroits puisqu’ils vont bien combiner et même égaliser sur un tir imparable déclenché des 20 mètres. Les nôtres se réveillent et vont monopoliser le ballon en se créant de multiples occasions de but, quelques unes difficiles à ne pas concrétiser. Et pourtant, sur ces occasions il n’y eut qu’un seul but, inscrit par Bounedjah, de la tête, à la demi-heure de jeu, suite à un bon service de Brahimi, mais aussi deux balles renvoyées par les poteaux et deux sauvées in extremis par la défense ou le gardien adverses.
De très belles actions offensives sont menées par les algériens qui auraient mérité un meilleur sort, la plus belle gâchée par Bounedjah qui, seul face aux buts, tire au dessus de la barre.

Au retour des vestiaires, le jeu s’équilibre, même si la possession reste en faveur des nôtres. Les visiteurs semblent toutefois moins timorés et ils savent profiter très rapidement des moments où leurs adversaires sont hors de position. Il en est ainsi à la 66° minute après un nouveau face à face raté de Bounedjah, la fulgurante contre-attaque s’achève en but de l’égalisation. Fatigués ou déboussolés, nos joueurs vont 5 minutes plus tard concéder un 3° but sur une erreur de remise monumentale de gardien Chaouchi.

Il restait plus d’un quart d’heure  à jouer. Mais ni les efforts de dernière minute, ni les remplacements effectués ne vont rien changer au score. Slimani, entré à la place de Bounedjah, voit son coup de tête passer à côté, à la suite d’un très bon service de Belkhiter. Il y a un an, c’était le but garanti. Mais Slimani, en manque flagrant de compétition, n’est désormais plus très performant. Comme à son habitude, depuis longtemps déjà, le public du stade du  Juillet, se met à applaudir l’adversaire, à siffler nos joueurs et conspuer le sélectionneur Madjer. Triste épilogue !

Les commentaires sulfureux ne manquent pas. Beaucoup annonçaient déjà le limogeage de Madjer. Même le nouveau Ministre des Sports se met de la partie pour trouver la défaite « inadmissible, contre un adversaire qui rêvait de rencontrer l’Algérie » (sic).
La sélection algérienne ne méritait pas un tel traitement. Elle a eu un passage à vide. Elle n’a pas su concrétiser en buts, les quatre occasions très nettes créées et les poteaux se sont chargés d'en renvoyer quatre autres. L'équipe du Cap Vert,elle,fut beaucoup plus réaliste et plus en réussite.

Le lendemain, l’Allemagne, championne du monde en 2014 et aspirant à un nouveau titre en Russie 2018, a perdu son match amical 1-2, face au voisin autrichien, non qualifié pour le Mondial russe. Il n’y eut ni tempête, ni déclarations enflammées. En Mars 2018, la France avait perdu en match amical, à domicile, face à la Colombie. Une défaite qui a causé de la déception et constitué un coup de semonce, mais  pas de déclaration orageuse, ni de demande de départ du sélectionneur.

                                  Chez nous, on prend parfois pour prétexte la défaite afin de régler ses comptes !!

Un autre sélectionneur ne trouvera pas mieux que ces joueurs. Il faut donner sa chance au staff technique en place. Les joueurs ont besoin d’être encadrés, motivés et d’évoluer en bloc homogéne. Cela nécessite du temps et un travail dans la sérénité. Le prochain gros test contre le Portugal fait partie du programme. Mais certains ne l’entendent pas ainsi puisqu’ils annoncent que le  Portugal sera le dernier match dirigé par Madjer. Au milieu de cette lourde atmosphère, la Fédération algérienne s’et vue obligée de publier un communiqué dans lequel elle dénonce «  la campagne d’acharnement menée contre la personne du sélectionneur… »

Le « gros test » contre le Portugal, l'adversaire numéro 100, de l'Algérie , ce fut en fait une noyade en règle de notre sélection. Sous le déluge d’eau qui s’est abattu sur le magnifique stade de La Luz de Lisbonne et sous les coups répétés et précis des joueurs portugais, nos joueurs submergés se sont tout simplement noyés. Dès la première minute et la pression immédiate de l’adverdaire, ils ont été perdus, tous, corps et âme ! Pendant les 30 minutes initiales, les nôtres n’ont pas « vu » le ballon et ils ont encaissé 2 buts. Un miracle qu’il n’y en ait pas eu plus de deux ! Les erreurs individuelles ajoutées aux erreurs criantes de casting du coach se sont donc converties en faillite collective ! Les portugais, satisfaits de leur avance au compteur, ont ensuite relâché leur pression, ce qui a permis à nos joueurs de souffler, sans qu’ils s’avérent capables de mener une action coordonnée digne de ce nom ! Et dire que naïvement je pensais que nos joueurs savaient se « tenir » lorsqu’ils avaient affaire à de grosses pointures. J’en suis même venu à espérer qu’à l’instar de la Tunisie, menée 0-2, quelques jours plus tôt, face au même adversaire portugais, avait su réagir avant d’arracher le match nul 2-2 ! Quelle désillusion !

Une défense passoire, un milieu inexistant et des attaquants complètement isolés, tout cela fait qu’il n’y a pas déquipe nationale. Mais seulement des joueurs perdus, ne courant même plus derrière un ballon insaisissable, sur un terrain qui paraissait trop grand pour leurs jambes ! Un stade joyeux et bouillonnant qui n’a pas arrêté de chanter et de soutenir son équipe, laquelle ajoutera un 3° but en seconde mi-temps, terminant ainsi par une belle prestation le cycle de ces matches amicaux pré-compétitifs, pas très convaincants jusque-là. Tête baissée, les nôtres semblaient soulagés de pouvoir enfin partir en vacances. Sauf Madjer qui, lui, continuait à parler d’avenir et du match officiel de Septembre face à la Gambie !

Un Madjer qui s’était proprement ridiculisé la veille, lorsque, lors du point de presse d’avant-match, il avait pris nommément à témoin les médias portugais en leur affirmant qu’il allait être démis de ses fonctions, leur demandant d’en informer le reste du monde ! Provocateur, inconscient ou immature ? Ou bien tout à la fois. Car aller à l’étranger et faire, avant un match, des déclarations de cette nature fut une chose sans doute unique au monde !

Jusqu’au dernier moment, j’avais personnellement observé une bienveillance neutre à l’égard de Madjer, espérant qu’il avait pu se bonifier grâce aux leçons du passé. Je dois reconnaître que ses jours, à la tête de notre sélection, semblent désormais comptés. Le Ramadan et les réunions des officiels à l’occasion de la Coupe du Monde, retarderont quelque peu une échéance très certainement inévitable. Lors de la défaite contre le Cap Vert, les spectateurs du 5 Juillet avaient déjà réclamé le retour de Vahid Halilhodzic. Les médias citent aussi d’autres noms ! Si Madjer est limogé, cela conduira immanquablement à se demander pourquoi le Président de la FAF s’est, en quelques mois, trompé deux fois, avec Alcaraz puis avec Madjer ! Quoique dans le football algérien, et nous l’avons plus d’une fois regretté dans ce document, l’instabilité du poste de sélectionneur est généralement la règle. L’exception c’est la durée raisonnable !

Rien de nouveau sous le soleil footbalistique algérien. Ce qui devait arriver arriva. Le 24 Juin, à l’aide d’un communiqué laconique, la FAF a nnoncé le limogeage de Rabah Madjer, de cette manière : « Le Bureau fédéral ….a décidé à l’unanimité de se séparer du sélectionneur national Rabah Madjer et de ses assistants… ». Le plus curieux dans l’affaire, est, que la veille, le Ministre de la Jeunesse et des Sports, en déplacement en Espagne où il assistait à l’ouverture des Jeux Méditerranéens de Tarragone, avait déjà « vendu la mèche », en annonçant lui-même et par anticipation, le départ de Madjer, dans les termes suivants : « c’était un devoir de prendre une telle décision ». Les puristes auront noté que le passé ( c’était ) a été utilisé pour parler d’une décision à venir, non encore rendue officielle par la FAF, principale intéressée, en tant qu’employeur du sélectionneur. Chacun aura sa propre interprétation et ses interrogations sur la question.

Il faut dire qu’en 8 mois de présence, Rabah Madjer a signé un bilan peu glorieux avec la sélection A : 2 victoires, 1 nul, 3 défaites en 6 matches. En fait, 3 victoires, 0 nul, si l’on veut être plus précis en rappelant que le nul (1-1) contre le Nigeria avait été transformé en victoire sur une décision de la CAF. Un tel bilan est d’ailleurs quasiment identique à ceux qui ont précédé lorsque Madjer avait eu à diriger la sélection. Ce qui donne un taux de réussite général de 43,75 % pour l’ensemble des 24 matches ( 7 victoires, 7 nuls , 10 défaites) qu’il a eu à diriger à la tête de l’équipe nationale.

Mr Zetchi, président de la FAF s’est tout de suite lancé à la recherche du futur remplaçant de Madjer. Le mois de la Coupe du Monde 2018 aura certainement retardé ses recherches. Toujours est-il que rien n’a filtré des ses éventuels contacts. Les médias algériens ne se privant guère de toutes sortes de supputations. Mais Zetchi ne communiquait pas. Fin Juillet la pression se fit très forte et il s’est vu obligé de révéler le nom de ceux qui ne viendraient pas (V. Halilhodzic, H. Renard) et de celui qu’il n’avait pas du tout contacté ( C. Queiroz) et que la décision serait prise dans quelques jours. Zetchi a confirmé que la solution était proche avec la « venue d’un mondialiste ». Le ministre des sports se met de la partie et déclare qu’il est grand temps de connaître le nom du futur sélectionneur. 48 heures plus tard, soit le 2 Août au matin, la FAF annonce sur son site web le recrutement de Djamel BELMADI en tant que prochain sélectionneur de l’EN. Les négociations avec le mondialiste ont dû capoter au dernier moment car en une soirée à Paris, Zetchi et son assistant Hakim Meddane ont pu régler la question. Heureusement que Belmadi était disponible et qu’il a accepté de relever le défi qu’on lui proposait.

Djamel Belmadi, âgé de 42 ans, a joué 20 matches dans les rangs de l’EN entre les années 2000 et 2004, en inscrivant 5 buts. Natif de la région parisienne, c’est naturellement qu’il débutera à l’âge de 16 ans sa carrière au Paris St Germain, sans y avoir joué un rôle notable. Il voyagera ensuite beaucoup : Martigues, OM, Celta de Vigo, de nouveau Ol.Marseille où, entre 2000 et 2003, il connaîtra la meilleure période de sa carrière de joueur. Il franchit ensuite la Manche pour jouer brièvement à Manchester City, en compagnie d’Ali Benarbia, sous la direction de Kevin Keegan. Sur un coup de tête, il s’exilera à 27 ans au Qatar pour jouer dans les clubs d’Al Gharrafa et Al Khritiyat, avant de retourner en Angleterre à Southamton et enfin à Valenciennes sous la conduite d’Antoine Kombouaré.

A partir de 2010 il range ses crampons pour se lancer au Qatar, dans le métier d’entraîneur, avec le club Lekhwiya de Doha. En 2013  il dirigera la sélection B du Qatar avec laquelle il remportera le titre de champion d’Asie du Sud Ouest. L’année suivante il monte en grade et dirige la sélection A du Qatar. Il retournera ensuite à Lekhwiya qui fusionnera pour se transformer en Al Duhail où il connaîtra ses plus grandes consécrations sur le plan local, avec 3 titres consécutifs de champion et 3 Coupes nationales. En Juillet 2018 il met fin à son contrat et rentre chez lui à Paris.

Quelque part dans sa tête, Djamel Belmadi devait penser qu’un jour, son pays ferait appel à lui, puisque son nom n’a eu de cesse d’être cité sans jamais être élu. L’occasion s’est présentée et il l’a acceptée. Il s’est déclaré « animé d’une très grande fierté …conscient de la diffficulté et de la responsabilité…un défi qu’il s’est déclaré capable de relever ». Bienvenue à la maison ! Il sera « sur le pont » après la mi-Août pour préparer le premier match officiel de début Septembre en Gambie.

Vendredi 24 Août, Belmadi publie sa première liste de joueurs convoqués pour aller jouer face à la Gambie. Il n’y a dans la liste que des joueurs évoluant à l’étranger. Plusieurs joueurs « ignorés »  ou écartés par Madjer ont été rappelés : Les gardiens M’bolhi et Doukha ; les défenseurs, Halliche, Tahrat, Hasssani, Farés ; les milieux Guedioura,Taïder,Feghouli,Boudebouz,Benzia. Faouzi Ghoulam, lui,  reste indisponible depuis Novembre 2017. Le stage fut très court : 3 séances auxquelles n’ont pas participé le défenseur Ayoub Abdellaoui et l’attaquant H.E. Soudani libérés pour blessure. Ce dernier n’a pas été remplacé. En revanche, Abdelkader BEDRANE, défenseur central de Sétif, est rappelé pour suppléer l’absence d’Abdellaoui. Il sera donc le seul représentant des joueurs du championnat d’Algérie.

Belmadi va démarrer son mandat avec une équipe qui reste 66° dans le classement mondial FIFA du mois d’Août et 12 ° sur le plan africain. La nouvelle méthode de calcul adoptée par la FIFA lui octroie, désormais 1351 contre les 474 du mois de Juin précédent.


Voyage en avion spécial et surprise, pluie et température fraîche à l’arrivée à Banjul. Prévisions météo pour le jour du match, temps frais et couvert, possiblités d’averses. Le match a été programmé dans le stade de l’Indépendance de la petite ville de Bakau, à l’ouest de la capitale. Evénement inattendu : dans ce pays anglophone, féru de matches de Premier League anglaise, la présence de Ryad Mahrez déchaîne les passions. Tout le monde veut une photo avec lui !! L’engouement est tel qu’à l’heure du match samedi à 16h30 locales le stade est pris d’assaut et des centaines de spectateurs qui n’ont pu trouver place dans les gradins, se sont carrément installés autour du terrain de jeu. Un état de fait interdit par les organismes officiels, pour des raisons de sécurité évidentes,  mais toléré par les organisateurs gambiens dépassés. Le président de la FAF, Mr Zetchi refuse de jouer dans de telles conditions. Des palabres quasiment interminables ont lieu : une heure quinze minutes, à l’issue desquels la sélection algérienne est sommée, par le Commissaire de la CAF, de jouer sous peine de sanction majeure, alors que les abords du terrain de jeu n’ont pas été dégagés. 15 minutes d’échauffement pour les joueurs et coup d’envoi après  90 minutes de retard. Le match débute au moment où il aurait dû être achevé !!


L’herbe de la pelouse semble un peu haute et épaisse, mais dans l’ensemble, elle n’est pas dans un mauvais état. Le onze présenté en 4-2-3-1 apparaît plutôt offensif. M’bolhi dirige une défense à 4 formée de droite à gauche de Mandi ,Tahrat, Bensebaïni et Farés. Bentaleb et Taîder occupent le milieu, pendant que Mahrez, Brahimi et Rachid Ghezzal sont chargés de l’animation offensive derrière l’avant-centre Bounedjah.  Il est difficile d’apprécier quel a été l’impact de l’énorme retard sur le mental de nos joueurs, il n’en reste pas moins que mon constat personnel est que rien n’a changé dans notre sélection. Belmadi avait noté « de l’envie et un esprit de revanche chez ses joueurs ». Ce que j’ai vu malheureusement, ce sont des joueurs nonchalants, inconsistants, sans idées, ni envie.

Ils ont pourtant eu la maîtrise du ballon pendant les ¾ du match face à des gambiens qui jouaient au pas, soucieux surtout de ne pas perdre et saisissant la moindre occasion pour gagner du temps. Le gardien de but, à 4 reprises, s’est fait soigner pour des blessures d’évidence imaginaires et 3 de ses camarades en faisant de même à tour de rôle. Nos algériens ont eu le ballon mais ils n’ont su quoi en faire, multipliant les échanges de passes inutiles et stériles très loin des buts adverses. Exception faite de l’action amorcée à gauche et qui échoit à Mahrez, à droite. Celui-ci  réussit ses 2 crochets pour se replacer sur son bon pied et tenter un tir enroulé du gauche qui frôle le poteau. Une action qui aurait mérité un meilleur sort. Une montée de Tahrat se termine dans les pieds de Ghezzal qui rate totalement le cadre. Bounedjah se débat dans toutes les directions, il n’a pas reçu un seul ballon exploitable. Yacine Brahimi est hors du coup. Personne n’essaye de créer quoi que ce soit, personne ne bouge pour solliciter le ballon.


Tout de suite  après la reprise, Bounedjah va encore se démener deux fois, au milieu des défenseurs gambiens. Sur la seconde, à la 47° minute,  il va concrétiser. Un but qu’il s’est fabriqué tout seul. Il gagne son duel aérien puis d ’un pointu astucieux, accompagné d’un « petit pont », il va éliminer 3 adversaires, dont le gardien, pour se retrouver seul et marquer facilement dans les buts vides. On se dit que l’essentiel était fait. Mais nous avons chanté trop tôt, puisque les gambiens vont égaliser une minute plus tard, quand 2 attaquants ont pu se jouer de toute la défense algérienne, surprise dans son dos par une belle passe croisée venue de la droite. Ni Bensebaïni, ni Farés n’ont été capables d’empêcher la passe et Tahrat battu n’a pas été couvert par Mandi. On se dit que tout est à refaire.

Il n’y rien eu à refaire. Les nôtres restaient apathiques cependant que les gambiens se sont enhardis dans les dernières 20 minutes, sans toutefois pouvoir concrétiser leur domination au tableau de marque. Un bien triste match. Le remplacement de Bounedjah par Slimani n'avait pas lieu d'être, tant ce dernier a vendangé les 6 ou 7 ballons reçus. Feghouli entré à la place de Ghezzal a, lui,fait preuve d'une activité intéressante. Il en voulait.

Les conditions d’avant match auront bon dos en vue d'expliquer ce match nul. En définitive, il n’y eut ni débordements, ni envahissement du terrain par les spectateurs. J’espère que Belmadi n'est pas dupe et donc parfaitement conscient de la situation, à la lumière de ce qu’il a vu; et qu’il va tâcher d'y remédier en faisant revenir tout ce monde dans le droit chemin, sinon faire appel à d’autres. A force de s'égosiller le long de la touche, il avait, à l’issue du match, perdu la voix. Il en aura besoin et bien besoin, comme de toute sa détermination, son énergie et toute son intelligence pour motiver ses hommes et remettre à flot, un bâteau, à la dérive depuis 2 ans. Et ce, dès le mois d'Octobre prochain, à l'occasion de la double confrontation en 3 ou 4 jours avec le Bénin,en Algerie d’abord, à l’extérieur ensuite.Un Bénin qui a arraché le point du nul au Togo et est désormais co-leader du groupe avec l'Algérie. Deux matches qui peuvent être considérés déjà comme décisifs pour les deux équipes, en vue de prendre l'avantage ou de rentrer dans le rang.

Après ce faux-pas en Gambie, notre sélection perdra encore des points (1343) dans le classement FIFA du mois de Septembre en reculant aux places de 69° mondial  et 14 ° africain.

En vue de la rencontre, en aller et retour face au Bénin, Djamal Belmadi a opéré quelques changements par rapport à sa liste de Septembre. On mentionnera l'absence de Oukidja, Hassani, Boudebouz, Abeid et la présence de Mustapha ZEGHBA, gardien de Sétif et celles d'Atal, Ferhat, Bennacer,Belamri,Ounas et Belfodil. Trois jours de stage seulement étaient disponibles. Pour ce premier match de Belmadi à domicile, c'est le stade fétiche Mustapha Tchaker de Blida qui a été choisi, le stade où l'équipe nationale n'a encore jamais perdu en 32 matches.

Le onze présenté comportait une seule surprise, à savoir l'absence du défenseur Mandi resté sur le banc,au profit du jeune Atal de retour de blessure. L'autre innovation étant le choix de Yassine Benzia, en tant que meneur de jeu.Très crispés à l'entame du match, les algériens ont laissé l'initiative aux visiteurs béninois et il leur aura fallu plus d'un quart d'heure pour aller de l'avant. Une belle action offensive se termine par un corner , botté par Mahrez au second poteau. Un Mahrez, promu capitaine pour la circonstance. Renvoyé par Farés vers les 6 mètres le ballon est repoussé par le gardien , mais dans les pieds de Bensebaïni, qui n'en demandait pas tant et qui marque facilement du plat du pied en cette 21° minute de jeu. Mahrez et Brahimi ne créent rien du tout mais Benzia est lui très présent. Il en résulte que Bounedjah se retrouve très esseulé à la pointe de l'attaque. Les béninois ont essayé de réagir, mais sans créer aucun danger sérieux pour notre gardien M'bolhi.

Rien d'important jusqu'à la mi-temps qui reprendra sur le même schéma.Il faudra attendre l'heure de jeu pour assister à la seule action de classe de notre onze. Sur un bon coup-franc de Bounedjah, renvoyé par le gardien béninois, Benzia est prompt à s'emparer de la balle pour la transmettre à Brahimi lequel dévie sur Bounedjah qui par une talonnade- rateau (un vrai gris-gris) met un adversaire dans le vent pour centrer au second poteau vers Mahrez. Celui-ci , après 2 crochets dévastateurs, arrive à centrer devant le but. Le ballon est faiblement repoussé par le gardien. malheureusement, tour à tour, Bounedjah et Taïder n'arrivent pas à pousser le ballon dans les filets.

Au cours de cette seconde période, M'bolhi sauvera ses buts sur 2 beaux coups de tête de joueurs béninois.

A la 73° minute Feghouli fait son entrée à la place de Benzia, poste pour poste. Et il ne tarde pas plus d'une minute pour relayer de la tête vers Bounedjah la déviation aérienne de Brahimi suite à une remise en jeu de Farés.. Rapidement Bounedjah échappe à tout marquage et légérement décalé sur la gauche, il n'aura aucun mal à inscrire le second but algérien. Brahimi et Mahrez laissent leur place à Rachid Ghezzal et Belfodil, respectivement et il y aura encore au moins deux occasions assez évidentes, non concrétisées en buts.

La dernière victoire en match officiel remontait à Juin 2017, soit 16 mois entiers. Le stade Mustapha Tchaker conservait ainsi sa réputation de forteresse inexpugnable, même si comme l'a souligné Belmadi, le match ne fut pas "parfait" , mais à coup sûr de meilleure facture que les rencontres précédentes des années 2016,2017 et 2018. Les deux formations se reverront dans 3 jours à Cotonou. Ce ne sera pas facile pour les nôtres qui devront se montrer plus consistants.

 

16.10.2018 : BENIN – ALGERIE : 1-0:   Le 350° match officiel de la sélection algérienne

« Un match à vite jeter aux oubliettes… Les Verts retombent dans leurs travers », ce sont là quelques titres de la presse algérienne francophone au lendemain de ce  match. Le second titre a même été utilisé le même jour, en première page, par deux quotidiens, l’un public, (El Moudjahid) et le second, privé, (Liberté),  dont pourtant les orientations sont aux antipodes l’un et de l’autre. Rien de plus éloquent pour exprimer un constat amer, décevant et frustrant.

Pour ma part, je dis: "Il n’y aura pas de compte-rendu détaillé du match…car on a vu trop de choses négatives et désolantes ». Tant il est vrai que lorsque l’on voit que Sessegnon, a, d’un simple mouvement du corps, ridiculisé 3 joueurs algériens avant d’offrir la balle du but à d’Almeida, il n’y a rien à commenter. Il n'y a rien à commenter non plus sur une équipe qui n'a pas su profiter de l'expulsion à la 54° minute du même Sessegnon, maître à jouer du Bénin, ni non plus su tirer avantage de l'arbitrage très,très favorable aux algériens de l'arbitre namibien, qui, pour sanctionner les pertes de temps volontaires des locaux, n'a pas hésité à accorder 10 pleines minutes de temps supplémentaire.

A l’issue de cette partie, le sélectionneur Djamel Belmadi « ne s’est pas caché » en affirmant « c’est moi le responsable de cette défaite…on fait des choix et à la fin on tire les bonnes conclusions… » Répondant à des questions sur la mauvaise prestation de son équipe, il a déclaré « N’attendez pas de moi que je critique mes joueurs ». En réalité, lorsqu’il affirme un peu plus tard : «…mais quand on joue, il faut savoir être au niveau… » ajoutant : « …on doit montrer plus de volonté pour gagner ce genre de matches », il ne fait rien d’autre, tout en se se montrant, mesuré, correct, élégant et volontiers diplomate, mais aussi qu’il est parfaitement conscient de la faillite quasi générale de ses 14 joueurs présents sur le terrain de Cotonou.

Trop de joueurs ont fait preuve d’une nonchalance et d’une apathie coupables. On ne se passait pas la balle, on s’en débarrassait et on ne faisait aucun effort pour la solliciter. Belmadi avait  laissé au repos des titulaires indiscutables, pour offrir leur chance à d’autres co-équipiers moins souvent sollicités. En effet au coup d’envoi, on nota 5 changements par rapport au match aller à Blida. Le moins qu’on puisse en dire est, que quasiment tous « n’ont pas été au niveau ».

Il faut complimenter le site dzfoot.com pour le travail fourni sur la rencontre. Ils ont vu ce que nous avons tous vu, mais eux se sont donné la peine de le traduire en statistiques précises à propos de récupération, de duels, de passes utiles et de transitions.Les chiffres sont plus qu'éloquents afin d'illustrer le non-match des nôtres.

A la suite de sa victoire, le Bénin rejoint l’Algérie en tête du classement du groupe avec 7 points ; en même temps le Togo, vainqueur (1-0) en Gambie se replace avec 5 points. Il reste à chaque équipe 2 matches à jouer. L’Algérie doit rendre visite au Togo dans 1 mois, avant de terminer en Algérie face à la Gambie, en Mars 2019. De son côté, le Bénin doit aller jouer en Gambie en Novembre, avant de recevoir le Togo en Mars. Toutes les hypothèses sont possibles, tous les cas de figure peuvent être retenus, sachant que les deux premiers classés de ce groupe D seront qualifiés pour la CAN 2019 qui aura lieu au Cameroun.


Belmadi a bien évidemment du pain sur la planche. Il devra se creuser la cervelle pour essayer de trouver la meilleure formule à même d’accrocher l’une des 2 places qualificatives. Pour cela, il aura besoin de l’engagement total et sans faille de ses joueurs et non point de touristes venus, l’espace d’une semaine, expédier une corvée internationale.
Il y a 35 ans, la première rencontre entre les deux nations s’était achevée par un cinglant 6-2 en faveur des algériens, le match retour  avait connu un partage des points (1-1). Plus près de nous en 2013, l’Algérie avait remporté les 2 matches sur le même score (3-1). En 10 matches, c’était donc là la première victoire du Bénin face à l’Algérie. Certains avancent, pendant que d’autres font du surplace et reculent…

Le classement FIFA du mois d'Octobre a logiquement vu notre sélection perdre 4 points, mais elle a gagné 2 places sur le plan mondial et 1 place sur le plan africain, se retrouvant désormais classée 67° et 13° respectivement avec 1339 points. Progression très légère, parce que d'autres ont fait encore moins bien.

L’étape suivante, l’avant-dernière de ce parcours de qualification, conduira notre sélection au Togo pour un match retour contre ce pays, battu à l’aller 1-0 à Blida en Juin 2017. Cette rencontre, programmée pour le 18 Novembre à Lomé, s’avère cruciale, car le Togo, après des débuts très hésitants, a retrouvé sourire et espoir, après sa récente victoire 1-0 en Gambie et est désormais en mesure de prétendre à une des deux places qualificatives pour la CAN 2019, à condition de battre l’Algérie.


Belmadi a eu 1 mois entier pour réfléchir à cette échéance. A cet effet il a convoqué 25 joueurs pour effectuer le voyage et aller essayer de « gratter » 1 point ou 3 points, tout en se passant des services d’Aïssa Mandi, suspendu pour cumul de cartons jaunes. 4 gardiens de but, M’bolhi, Doukha, Oukidja et Zeghba ont été retenus. Parmi les 9 défenseurs et aux côtés des habitués Tahrat, Halliche, Atal, Farés et Bensebaïni, on note le retour de Hassani, Abdellaoui, Zeffane et Benlamri.


Au milieu, c’est l’absence de Bentaleb,Guedioura, Ferhat et Ghezzal qui attire l’attention et ce, en plus de l’arrivée du nouveau Oussama CHITA joueur de l’USM Alger et le retour de Youcef BELAILI, absent depuis 2015, mais tout frais et flambant vainqueur de la Ligue des champions d’Afrique, avec son club de l’Espérance de Tunis.Pas de surprise en revanche pour Bennacer,Taïder,Benzia,Feghouli,Brahimi,Mahrez et Ounas qui sont bien présents.
En attaque, si Soudani reste indisponible, Bounedjah et Slimani sont bien là, accompagnés du novice Bentahar MEZIANE, un autre joueur de l’USM Alger.

Le stage aura duré six jours pleins au cours desquels Belmadi a bien préparé ses troupes. Brahimi et Farés, blessés n’ont finalement pas été du voyage au Togo. Comme lieu de la rencontre, les togolais avaient retenu le petit stade municipal de Lomé, avec sa pelouse en tartan ancien, le seul stade disponible, semble-t-il, le plus grand étant en travaux.


Le match du mois précédent à Cotonou avait été condamné à « être jeté aux oubliettes », celui-ci, un mois plus tard, aura été décidément plus réconfortant, tant par la large victoire (4-1) que par la manière très rassurante pour l’obtenir. Rappelons tout de suite qu’il s’agissait là de la première victoire  chez l’adversaire depuis 2015 et aussi la première fois depuis longtemps que notre sélection a été en mesure d’inscrire 4 buts lors d’ un match de poules hors de ses bases, ( 4-0, Juin 2001 à Windhoek, Namibie).


D’autant plus réconfortant que Belmadi « avait annoncé la couleur ». Il avait déclaré aller au Togo pour gagner. Et il a eu le courage et l’audace de l’accomplir tout en faisant débuter deux joueurs Benlamri et Chita à des postes sensibles, tels que défenseur central et sentinelle devant la défense respectivement. Au milieu, il a également opté pour une paire inédite Benzia-Feghouli qui n’ont pas le profil de récupérateurs  et ce au détriment de Bentaleb, non convoqué et de Taïder, laissé sur le banc. Il dira, dans une interview le lendemain que cette paire était là pour  "défendre en attaquant". Pour les autres postes, devant M’bolhi, il y avait Atal, Tahrat et Bensebaïni poussé vers la gauche, par la présence de Benlamri, au centre de la défense. L’offensive fut confiée au trio Mahrez, Bounedjah, Belaïli, sans omettre de souligner l'absence, dans ce onze de départ, de 5 joueurs, titulaires habituels, Mandi,Farés,Bentaleb,Taïder,Brahimi.


Belmadi nous dira que les joueurs avaient bien assimilé les consignes reçues et les ont immédiatement mises en pratique dès le coup d’envoi. Effectivement le comportement général des algériens pendant les dix premières minutes montrait une disponibilé et des dispositions qui ne laissaient aucun doute sur la volonté offensive de l’ensemble. Toutes les actions allaient vers l’avant. On ne voyait plus ces sempiternels et interminables échanges stériles entre défenseurs. Et deux occasions, au moins, auraient pu se conclure par un but. Celui-ci ne tardera finalement que 13 minutes.


Lancé en profondeur, Bounedjah oblige le gardien togolais à sortir à la limite de sa surface pour dégager en catastrophe. Malheureusement pour lui, le ballon ira atterrir 30 mètres plus loin dans les pieds de Mahrez. De cette distance et après un court contrôle, ce dernier va lober le gardien et marquer dans les buts vides. L’effort ultime d’un défenseur, essayant d’arrêter le ballon de la main, sera vain. Treizième minute, 1-0 pour l’Algérie.Une main volontaire sur la ligne de but, qui méritait un carton rouge ; gentil, l’arbitre kenyan ne sortira que le jaune.

Les togolais ne semblent pas en mesure de menacer les algériens qui poursuivent leurs efforts vers l’avant. Un quart d’heure plus tard, Benzia, dans son camp, lance Atal le long de la ligne de touche. Le latéral droit ne se pose pas de questions, franchit la ligne médiane et se  lance aussitôt dans une belle course en diagonale vers les buts adverses. Il passera ainsi « en revue » au moins 3 défenseurs avant d’aller « nettoyer la lucarne opposée » du malheureux Basse, grâce à un tir tendu du pied gauche. Un très beau but, son premier en sélection, qu’il va fêter en enlevant son maillot, synonyme de carton jaune. 28° minute : 2-0.


Nous n’en croyions pas nos yeux, mais nous n’avons pas eu le temps de respirer, puisque deux minutes plus tard, Feghouli va bien solliciter Mahrez sur son aile droite, quasiment dans le dos de la défense togolaise. Ce dernier d’une belle volée du pied droit, son pied pourtant le moins bon, va inscrire le troisième but algérien. Un doublé pour Mahrez, son troisième avec l’équipe nationale, mettant fin à une disette qui durait depuis Janvier 2017. Son dizième but au total pour 43 sélections. Ainsi donc, 30° minute : 3-0 pour l’Algérie.
Assommés, les locaux paraissent incapables de réagir et la mi-temps est la bienvenue pour leur permettre de reprendre éventuellement leurs esprits. Le repos, une occasion aussi pour les algériens pour savoir quelle voie suivre ? Continuer d’aller de l’avant ou se contenter de cette belle avance de 3 buts ?


A la reprise, alors que Bensebaïni, mal retombé sur une balle aérienne, cède sa place à Ayoub Abdellaoui, on constate, que les algériens vont laisser l’initiative aux togolais qui bénéficieront d’au moins 3 corners. Sur l’un d’eux, à la 53° minute, ils vont réduire le score, en grande partie, à cause d’une fausse sortie de notre gardien M’bolhi. Il y a aura d’autres essais togolais sur lesquels, M’bolhi va se montrer plus consistant et décisif, sans que l’on puisse parler de pression, ni de domination des locaux.


Benzia qui m’a paru le plus gêné par la surface synthétique, va être remplacé par Taïder. Tour à tour Mahrez et Bounedjah auraient pu et dû aggraver la marque.On se disait bien : que fait Bounedjah ? Lui qui marque à chaque match ! Il attendra le temps additionnel et la 92° minute pour nous répondre de manière spectaculaire. Sur un corner joué très court par Adam Ounas, qui avait pris la place de Belaïli à la 81° minute, Bounedjah, le long de la ligne de but adverse, va  « la jouer très  perso ». Il exécute un défenseur par un petit pont astucieux avant d’enchaîner par un ballon piqué au dessus de la tête du gardien Basse sorti à sa rencontre. Un vrai chef-d’œuvre qui ne devait rien à personne. Une réalisation méritée pour celui qui pendant plus d’une heure et demie n’avait pas cessé de harceler la défense adverse et qui conserve les ressources physiques et la lucidité nécessaires pour réussir cet exploit très technique et plein de sang-froid.


Après cette belle victoire, il y a eu des commentaires logiquement élogieux, certains dithyrambiques. Belmadi, lui, est resté très sobre soulignant néanmoins : « On a annoncé être venus pour gagner et on l’a fait ».

Avec cette victoire, notre sélection aura fait coup double : elle est déjà qualifiée pour la CAN 2019 et est assurée de terminer en tête de son groupe, avant même la dernière journée prévue au mois de Mars 2019. Aucune date FIFA d’ici là pour jouer des matches amicaux, sauf à réunir en Décembre prochain un groupe de joueurs du championnat national, auxquels pourraient s’adjoindre d‘autres joueurs dont le championnat sera en période de trêve, et ce pour des tests d'aguerrissement et de mise au point, face à des adversaires à désigner.On évoque les noms du Qatar et de la Chine !


Pour l’ensemble, il faudra attendre Mars pour savoir si cette victoire est le signe d’un vrai renouveau ou simplement un coup d’éclat sans lendemain.
Ce rendez-vous de Mars est tel (8 jours) qu’il peut permettre de coupler le dernier match du groupe contre la Gambie, avec un match amical intéressant. Belmadi affirme en tout cas avoir félicité ses troupes pour leur belle prestation, tout en les avertissant qu’aucun d’entre eux, n’avait garanti sa place pour Mars 2019 et qu’il fallait gagner celle-ci sur le terrain.


C’est probablement aussi au mois de Mars que l’on saura à coup sûr si le Cameroun aura tenu son pari d’être fin prêt pour la date du 15 Juin 2019. La CAF n’a pas été très rassurée par les dernières inspections des travaux effectuées et on laisse entendre qu’elle aurait déjà avisé le Maroc de se préparer à suppléer une possible défaillance du Cameroun.

La belle victoire contre le Togo, n'aura pas fait beaucoup avancer notre sélection dans le classement FIFA du mois de Novembre. Elle n'a pas reculé non plus. Elle conserve donc sa 67° place mondiale et sa 13° africaine, tout en gagnant 8 points par rapport au mois précédent, 1347 au lieu de 1339.

La fédération algérienne a annoncé qu'un accord avait été conclu avec la Tunisie, pour un match amical, en Algérie,lors des dates FIFA du mois de Mars 2019. Un très bon sparring-partner, actuellement 26° dans le dernier classement FIFA.

Finalement, la CAF n'a pas attendu le mois de Mars 2019 pour annoncer que l'organisation de la CAN 2019 était retirée au Cameroun. Réuni à Accra, le Comité Exécutif en a décidé ainsi, vendredi 30 Novembre 2018. Le retard accumulé par le Cameroun,dans les divers travaux, n'a sans doute pas laissé d'autre choix. Un nouvel appel d'offres à candidatures sera lancé. La CAF estime pouvoir être en mesure de désigner un nouveau pays organisateur avant la fin de l'année 2018.

Quelques jours plus tard, Mr Ahmed Ahmed, le Président de la CAF explique les motifs de la décision ayant visé le Cameroun. Il révéle également que le nom du pays attributaire de la CAN 2019, sera connu le 9 Janvier 2019.Tout cela a provoqué une grande confusion avec un certain « effet domino ».

Pour comprendre, il faut rappeler que le 20 Septembre 2014, l’ancienne direction de la CAF, présidée par le camerounais Issa Hayatou, avait décidé d’attribuer 3 CAN consécutives à 3 pays différents, à savoir : Cameroun en 2019, Côte d’Ivoire en 2021 et Guinée en 2023. Aucune contestation, aucun rejet. Ces pays s’apprêtaient à préparer 4 stades et les lieux d’hébergement en vue d’accueillir 15 équipes.

Mais en Mars 2017, la CAF élit une nouvelle direction, avec le malgache Ahmed Ahmed à sa tête. Au mois de Juillet suivant, celui-ci va réunir un séminaire très élargi qui décide que la phase finale de la CAN aura désormais lieu au mois de Juin-Juillet et non plus en Janvier-Février et surtout qu’elle réunira 24 équipes au lieu de 16. Et cela dès 2019. Ce qui vient bouleverser les plans, principalement du Cameroun et de la Côte d’Ivoire.

La confusion et « l’effet domino » ont eu pour origine le fait que Mr Ahmed Ahmed avait aussi précisé que le Cameroun, privé de CAN 2019, serait attributaire de la CAN 2021, pendant que la Côte d’Ivoire organiserait celle de 2023. Dans tout ce méli-mélo, pas un mot de la Guinée !! Bref ! Cela est théoriquement bien " ficelé " et le Cameroun ne proteste plus, sauf que la Côte d’Ivoire n’est pas du tout d’accord.Elle ne veut pas subir "l'effet domino" et elle aurait donc pris la décision de saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), car elle se déclare prête pour 2021 et ne veut pas entendre parler de 2023 !

 N'oublions pas tout de même de mentionner que, peu avant cela, le Maroc avait annoncé officiellement qu’il n’était pas candidat pour organiser la CAN 2019, parce qu’une telle compétition nécessite beaucoup plus de temps que les 6 mois qui nous séparent de Juin 2019. Voici là en réalité, une façon tout à la fois sobre et civilisée de signifier que le pays ne pouvait se permettre d'ajouter les frais de la CAN en Juin et Juillet, à ceux qu'engendrera la présence au mois d'Août de milliers d'athlètes et de visiteurs, attendus à l'occasion des Jeux Africains, événement pour lequel le Maroc s'était engagé depuis longtemps déjà.

Le 15 Décembre la CAF déclare avoir reçu 2 candidatures, celles de l’Afrique du Sud et de l’Egypte et elle confirme qu’après étude et éventuellement des visites sur le terrain, le pays attributaire sera connu le 9 Janvier 2019.

 

Attendons de voir si de nouveaux rebondissements ne surgiront pas pour venir « alimenter » ce feuilleton pas du tout inédit. Car si ma mémoire est bonne, 2019 sera la huitième fois qu’un pays supplée la défaillance d’un autre pour l’organisation de la CAN. Cela a commencé très tôt, en 1970, lorsque le Soudan avait pris la place de l’Egypte, pour se poursuivre jusque 2019. Et si par hasard c’est l’Afrique du Sud qui est chargée d’organiser la CAN 2019, ce sera la troisième fois pour ce pays, mais surtout trois fois qu’elle en hérite après le désistement ou la défection du pays attributaire.

Soucieux de voir à l'oeuvre d'autres joueurs, Belmadi avait insisté pour effectuer des tests avant la fin de l'année 2018, même en dehors des dates FIFA et donc sans la présence des expatriés que leurs clubs respectifs refusent de libérer bien que certains d'entre eux soient en pleine trêve. Belmadi espérait 2 matches, il n'a pu en concrétiser qu'un seul, face à ses amis du Qatar. Pour cette rencontre prévue jeudi 27 Décembre à Doha, Le sélectionneur national a convoqué 16 joueurs, tous issus de clubs du championnat algérien,auxquels sont venus s'ajouter 2 expatriés, le "local" Bounedjah qui joue au Qatar et Belaïli autorisé à s'absenter par son club, l'Espérance de Tunis. 18 joueurs, dont deux gardiens de but, c'est le quota pouvant permettre la participation de l'ensemble dans un match amical. En ce qui concerne le Qatar, ce sera là le 4° et dernier test international avant sa participation à la Coupe d'Asie des Nations en Janvier 2019.

On peut dire que Belmadi n’a pas « eu froid aux yeux » et aura réussi son pari, à savoir remporter le gain du match (1-0) face au Qatar. Alors que, sur les 16 joueurs ayant pris part à ce match amical,onze d’entre eux disputaient là leur premier match international avec la sélection d’Algérie A.
Le match a été dominé de bout en bout par des débutants qui, dans leur majorité, se sont montrés à la hauteur de la confiance placée en eux par le sélectionneur. Et ils auraient pu inscrire d’autres buts que celui marqué à la 59° minute par Bounedjah. Il s’agit donc d’un test utile pour Belmadi qui posséde de la matière façonnable à préparer pour l’avenir.

 

 
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