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  L E   P A R C O U R S  
 

                  L ES REMOUS TOUJOURS D'ACTUALITE


Un mois après la débâcle de Ziguinchor, la Fédération annonce la désignation à la tête de la sélection, du tandem Ighil – Mehdaoui, tous deux entraîneurs en exercice respectivement des clubs de Hussein Dey et El Harrach. Le plus connu étant Ali Meziane Ighil, ancien international au poste de latéral gauche. Leur tâche est d’essayer de qualifier l’Algérie pour les phases finales de Coupe d’Afrique en Tunisie et de Coupe du Monde aux Etats Unis, toutes deux fixées en 1994. Leur mission  vise  également à former une nouvelle équipe d’avenir.


Les groupes de qualification avaient été arrêtées avant Ziguinchor. Ce qui signifie que l’Algérie, championne d’Afrique en titre, était encore considèrée comme une tête de série et ainsi plus ou moins protégée. Pour la CAN, les adversaires étaient au nombre de quatre : Guinée Bissau, Togo, Sierra Leone et Sénégal. Soit 8 rencontres en aller et retour en vue ; les deux premiers classés étant qualifiés. Pour la CDM, la poule englobait  3 pays : Burundi, Ouganda et Ghana, c'est-à-dire 6 matches en tout, avec un seul pays qualifié pour le tour suivant.


 Ce marathon de 14 matches, devant se dérouler en moins de 12 mois, pouvait s’élever à 17 rencontres si l’équipe accédait au second tour, cité plus haut. De la démence pure et simple !! Les autres anomalies étant de voir programmés 3 matches par mois comme ce fut le cas en Janvier et Avril 1993. L’innovation de la compétition par groupes, telle quelle a été introduite par la CAF s’avérait vraiment inopportune. Calquée sur le modèle de l’Europe -  où en réalité les pays disposent de près de 24 mois pour épuiser les 10 à 12 rencontres éliminatoires – elle ne tenait pas compte du fait que la CAN a lieu tous les 2 ans et, qu’en l’occurrence,  ses éliminatoires chevaucheront une fois sur deux celles de la CDM. Enfin, ce système ne prend nullement en considération que, comparée à l’Afrique, l’Europe est un véritable mouchoir de poche où les distances sont relativement réduites, le transport aérien très développé et les moyens financiers beaucoup plus consistants.


Les conséquences ne se sont pas fait attendre très longtemps, puisque certains pays, ne pouvant décemment pas courir deux lièvres à la fois, ont purement et simplement  déclaré forfait avant le début des compétitions et parfois même après les avoir entamées. Il en fut ainsi  de l’Ouganda, dans le groupe de l’Algérie.
 Ceci dit,  rappelons par ailleurs que les perturbations et interruptions que connaissait le championnat national en Algérie depuis 1991, n’étaient pas faites pour arranger les affaires des deux sélectionneurs.


Les échéances officielles clairement arrêtées sur le calendrier, allaient débuter 6 mois plus tard au mois d’Août par 2 rencontres de la CAN. Ighil et Mehdaoui ne vont pas choisir le chemin le plus aisé, en ce sens qu’ils se mettent en tête de convoquer de nouvelles recrues. En fait d’anciens, on pouvait recenser Cherif El Ouazzani et Saïb  aux côtés d’autres, tels Mahieddine Meftah, Belatoui,Tasfaout ou Rahem qui n’avaient fait que de brèves apparitions en sélection A.


Mi Août à Oran, la nouvelle formation va battre (3-1) la Guinée Bissau, un adversaire de force moins que moyenne. Fin Août, le déplacement en Sierra Leone s’achève sur une défaite (0-1). Après un match amical face à la Tunisie (1-1), les rencontres officielles reprennent. Visite au Togo (0-0) pour la CAN, réception du Burundi, battu (3-1) à Tlemcen pour le compte de la CDM. Ce dernier match permettant à Mourad MEZIANE d'inscrire le 400° but de la sélection nationale.


Ouvrons ici une parenthèse pour évoquer les structures fédérales et administratives du football. Le mandat de la Fédération était arrivé à son terme en Juillet 1992. Mais l’interruption des compétitions ne permet pas de tenir de nouvelles assises. Celles-ci, après plusieurs tentatives avortées, sont programmées pour fin Novembre. Malheureusement cette Assemblée générale sombrera dans le chaos et ne débouchera sur rien du tout, puisque le Président sortant  ayant décidé de se retirer, il n’y avait plus de structure en place. Le Ministre des Sports intervint alors pour désigner des intérimaires : le Secrétaire général de la Fédération et le président en exercice du Comité des compétitions, en vue de gérer les affaires courantes ; les différentes commissions spécialisées restant en place. Notons enfin que le championnat 1991-92 venait à peine de s’achever, celui de 1992-93 n’avait pas encore débuté et personne ne se doutait alors des problèmes monstres de calendrier auxquels la famille du football allait devoir faire face.
Les matches disputés jusque là laissaient apparaître une ossature constituée par les joueurs du Mouloudia d’Oran (champion 1992) et du Nasr de Hussein Dey.

Le prochain rendez-vous était le périlleux déplacement à Accra pour y rencontrer le Black Star, finaliste de la CAN 1992 au Sénégal et ses nombreuses vedettes expatriées en Europe : Abedi Pélé, Yeboah, Bafoe et autres Lamptey. Au cours de ce match, le premier qu’une sélection algérienne disputait dans ce pays, le moins qu’on puisse en dire, est que les Verts n’ont pas beaucoup cru en leurs chances, après un départ sur « les chapeaux de roue », à l’image de Lounici, astucieusement démarqué par Tasfaout, qui hésite et se fait subtiliser le ballon alors que, seul à l’entée des 16 mètres, il était idéalement placé pour pouvoir marquer.


Les Ghanéens vont vite se reprendre et occuper le terrain avant de marquer un but aussi bizarre qu’inattendu, en raison d’une hésitation coupable du défenseur algérien Amer Salem…Un peu plus tard, le défenseur central Amrouche et Saïb, joueur du milieu  sont blessés. Ils seront remplacés en seconde période. Le score pouvait en rester là, malgré les tentatives des locaux, jusqu’à la sortie hasardeuse du gardien Acimi qui rate son intervention et permet aux  Ghanéens de doubler la mise.


Retour à la maison pour deux semaines avant le long périple du mois de Janvier : Sénégal, Burundi, Guinée Bissau à raison d’un match par semaine. Ce qui restait de Fédération avait tout de même de bons contacts avec l’Armée, laquelle mettra un avion spécial à la disposition de la sélection, appelée à avaler des milliers de kilomètres en si peu de temps. L’expédition s’avèrera largement positive avec la victoire (2-1) à Dakar, un nul (0-0) au Burundi et un large succès (4-1) face à la Guinée Bissau. Un mois avant le match retour décisif face au Ghana, le moral est au beau fixe au sein des troupes du tandem Ighil-Mehdaoui.


Cette rencontre tombait au début du mois de Ramadan et comme d’habitude elle se déroulera tard le soir (22 heures). La veille du match, les conditions atmosphériques font craindre le pire et un éventuel renvoi du match….Mais il n’en fut rien car les bourrasques de grêle et de neige qui affectèrent la ville de Tlemcen finirent par se calmer quelques heures avant le coup d’envoi. Certes le Burundi avait rendu un fier  service à l’Algérie en battant (1-0) le Ghana, mais les Algériens n’avaient pas d’autre choix que la victoire.


Et l’erreur des Ghanéens fut de jouer le match nul et leur tactique conservatrice va se confirmer lorsqu’ils inscrivirent un but dès le premier quart d’heure. Pour cette empoignade, Ighil et Mehdaoui se montrèrent être des techniciens courageux. Sachant qu’il fallait gagner, ils sacrifièrent la défense (seuls 2 défenseurs de métier Amrouche et Belatoui ont été alignés) au profit du milieu et de l’attaque. Le coup de poker portera finalement ses fruits avec l’entrée en seconde période de l’avant centre tlemcénien  Mohammed Brahimi qui offrira les 2 buts de la victoire à l’équipe et à ses  nombreux fans locaux, transportés de joie.


L’Algérie était qualifiée pour la seconde phase des éliminatoires de la CDM. Pour la CAN, il lui restait encore 3 matches à domicile pour espérer décrocher la qualification pour le rendez-vous de Tunisie. Tout est pour le mieux. A l’exemple de Mekhloufi en 1975, Ighil et Mehdaoui venaient  de réussir leur pari en renouvelant quasiment tout l’effectif.

Quelques jours plus tard, le tirage au sort pour la seconde phase des éliminatoires de la CDM, va désigner comme adversaires la Côte d’Ivoire et le Nigeria. Deux gros morceaux d’autant plus ambitieux qu’ils ne se sont encore jamais qualifiés pour la CDM. Les choses sérieuses devaient débuter au mois  d’Avril à Tlemcen. Une semaine auparavant et à Annaba, le match retour, face à la Sierra Leone,  pour le compte de la CAN se terminera par un décevant (0-0), au cours duquel nos internationaux laissèrent apparaître de nombreuses lacunes.


Et sur leur terrain mascotte de Tlemcen, ils vont laisser passer leur chance, devant un adversaire, la Côte d’Ivoire, finalement  très ordinaire, mais qui eut la chance de marquer un but dès la 3° minute. Les Verts vont très bien réagir, se créant de multiples occasions par Saïb, Brahimi et Mourad Meziane, Tasfaout inscrivant même un très joli but de la tête. Ils dominent les débats, obtiennent de nombreux corners sans pouvoir aggraver le score. En seconde période les rushes algériens se font plus désordonnés et finirent par s’espacer pour laisser  place à quelques dangereuses contre attaques ivoiriennes qui ont failli ruiner  toute espérance algérienne. Le match nul final (1-1) avantageait évidemment les visiteurs.


Toujours à Tlemcen, dans le cadre de la CAN, et pour son troisième match du mois d’Avril et son 300° match international, l'Allgérie retrouve son efficacité (4-1) face au Togo. Brahimi et Tasfaout confirmant leurs talents de buteurs. La qualification pour Tunisie ’94 se profile de façon favorable..
Il n’y a pas d’échéance officielle avant le mois de Juillet. C’est alors que l’on se rend enfin compte que le calendrier ne pouvait pas offrir plus de jours qu’il en a. La Coupe  d’Algérie fut arrêtée au stade des 32° de finale, le championnat, lui, risquait de s’éterniser jusqu’au mois d’Octobre. Les Jeux Méditerranéens, certes réservés aux moins de 23 ans (néanmoins tous titulaires dans les clubs de Division Une) devaient se dérouler en Juin.


Le Ministre des Sports qui était intervenu de manière salutaire après l’Assemblée générale avortée de la Fédération, n’a toujours pas bougé et les affaires du sport-roi avancent cahin-caha ouvrant la porte à toutes sortes de manœuvres. La plus remarquée étant celle adoptée à la majorité par les clubs de Division Une, consistant à vouloir déclarer « blanc » (sans champion, ni relégables) le championnat en cours. Cette initiative va faire sortir le Ministre de sa torpeur et après moult tractations, la décision est prise d’interrompre le championnat pour le reprendre mi-Août.


Deux matches successifs à Lagos et Abidjan et un à domicile (contre le Sénégal pour la CAN), attendent l’équipe en ce mois de Juillet très crucial. L’expédition au Nigeria, préparée pendant une semaine, au Bénin voisin, après un match amical (1-1) contre la Guinée, ne va pas être très joyeuse. Et pourtant dès la 4° minute, Tasfaout va ouvrir le score. Allait-on assister à la réédition  du match de 1981 ? En fait il s’est agi d’un feu de paille, puisque les locaux vont vite se ressaisir pour égaliser et ensuite prendre l’avantage grâce à des bévues successives du gardien de but et de certains de ses défenseurs. Un troisième et un quatrième buts seront encaissés par les nôtres. Résultat (1-4) cruel, mais amplement mérité pour les Nigérians qui remportaient ainsi leur première victoire, ayant été battus (1-2) par les Ivoiriens.


Mathématiquement pourtant tout n’est pas perdu pour l’Algérie. Vœu pieux ou calculs présomptueux ? On ne sait trop. Toujours est-il  que quinze jours plus tard, les Verts vont largement dominer les Ivoiriens sur leur propre terrain pendant presque 90 minutes, mais en gâchant et ratant toutes les occasions qu’ils se créaient. Et ce qui devait arriver arriva. Les Ivoiriens, chanceux en diable, vont marquer lors du temps additionnel accordé par l’arbitre pour les arrêts de jeu.


 L’atmosphère de frustration autour de notre équipe est très grande. Elle se transformera en désolation générale lorsque quelques jours plus tard, avant le match contre le Sénégal, on apprend que l’Algérie risque la disqualification dans son groupe de la CAN pour avoir utilisé , en Janvier , à Dakar, les services du défenseur Mourad Karouf, encore sous l’effet d’une suspension. De telles choses assez incroyables ne sauraient survenir que dans un pays très sous développé où l’à peu près et l’irresponsabilité règnent en maîtres dans les rouages du ballon rond. Il faut croire que c’était le cas de notre pays !!! L’affaire Karouf était née. Un peu d’attention est nécessaire pour comprendre ce qui s’est passé.


Karouf avait été expulsé, fin Août 1992, lors du match contre la Sierra Leone. La sanction prise par la CAF (2 matches de suspension) est communiquée en Septembre. Effectivement le joueur ne prendra pas part, en Octobre 1992, à la  rencontre face au Togo. Il reste suspendu pour le match suivant contre le Sénégal,  prévu à Dakar en janvier 1993. Malheureusement, et pour des raisons jamais  éclaircies, il  va être aligné. Le match est gagné (2-1) par l’Algérie, les feuilles de match existent et ont été transmises, mais  personne ne relève cette entorse au règlement disciplinaire.


Ce n’est donc que 7 mois plus tard que la CAF sera avisée par un « correspondant charitable, un corbeau » resté inconnu à ce jour. Elle demande des explications à la Fédération algérienne où les « trois chats », encore en place, crient à la trahison, vont vouloir rejeter sur autrui la responsabilité de cette grossière bavure. Le staff technique, mis en cause, déclare n’avoir pas été correctement informé. Le Secrétaire général de la Fédération, toujours en fonction, plaide non coupable et rappelle qu’il était en congé, lorsque cette affaire a débuté.


A la Fédération et au Ministère, on espère que la sanction de la CAF sera de donner le gain du match au Sénégal sur « tapis vert ». Mais la décision tarde à venir. En attendant, la sélection termine sa saison en battant confortablement (4-0) le Sénégal à Tlemcen. Les considérations de goal-différence et goal-average n’avaient pas été perdues de vue. Mais la rencontre qui eut lieu devant un public clairsemé, traduisait le climat général malsain de « fin de règne », avec un championnat non achevé, une fédération toujours étêtée et le risque d’une grave sanction de la part de la CAF.


Quelques événements ont marqué le mois de Septembre 1993. La nomination d’un nouveau Ministre des Sports qui décidera aussitôt de la tenue d’assises générales du football, l’élimination des 3 clubs algériens engagés dans les coupes d’Afrique des clubs et la confirmation de la disqualification de l’équipe nationale qui sera privée de la phase finale de la CAN en Tunisie. Sans oublier l’élection d’un nouveau Président de la Fédération, Mouldi Aïssaoui, dentiste de profession, mais aussi ancien joueur de l’USM Alger et qui porta à 4 reprises le maillot de la sélection nationale. Le tableau sera complété par le départ volontaire du duo Ighil- Mehdaoui, directement mis en cause dans l’affaire Karouf.


Le tandem parti, avait laissé derrière lui une bonne pâte au sein de laquelle, Abdelhafid Tasfaout ( 8 buts en moins d’une année, soit beaucoup mieux que ses illustres aînés), s’avère le leader doué d’une nouvelle génération d’internationaux. En attendant qu’il cède aux sollicitations des « sirènes de l’étranger »… Avec lui, Bilal DZIRI, milieu de terrain talentueux et infatigable et le défenseur Mahieddine Meftah, seront les autres cartes sûres sur lesquelles on pourra compter encore longtemps.

Début Décembre, la Fédération annonce la nomination de Rabah Madjer  à la tête de la sélection, quelques jours seulement avant son 35° anniversaire ; ce qui faisait de lui le plus jeune de tous ses prédécesseurs. Cette désignation de Madjer (86 sélections et 28 buts ) est généralement favorablement accueillie et avait été largement souhaitée. Pour l’assister dans sa tâche, il va s’adjoindre son ancien coéquipier de la sélection des années 1980, Tedj Bensaoula.


Une tâche qui se concentrera sur les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 1996 devant se dérouler en Afrique du Sud. L’Algérie devra jouer son avenir au sein du groupe 4 qui comprend Egypte, Ethiopie, Ouganda, Soudan et Tanzanie. Deux équipes étant qualifiées. La nouvelle équipe technique dispose de 9 mois avant le premier match officiel. Seuls des matches amicaux pouvaient aider à meubler des délais d’attente aussi longs. Mais la Fédération n’a pas d’argent pour inviter de équipes étrangères, ni pour envoyer son élite au-delà de ses frontières. Madjer, grâce à ses relations, va pouvoir se « débrouiller » pour emmener, au mois d’Août, ses poulains à Valence et Porto, deux clubs où il a joué et qui préparent la saison qui s’ouvre.


Au classement mondial de la FIFA, l’Algérie est classée à la 35° place en cette fin d’année 1993.
Au mois de Juin 1994, le monde du football est en deuil à la suite de l’attentat dont est victime Salah Djebaïli, alors qu’il occupait la charge de Recteur de l’Université d’Alger.


Nous voici déjà en Septembre, à la veille du premier match à Addis Abeba, alors que la Fédération  a changé de patron. Aïssaoui, en conflit ouvert avec le Ministre des Sports, est limogé. Garçon honnête et sincère, mais nul sur le plan de la communication, il n’aura tenu que 10 mois. Une assemblée générale va élire Rachid Haraïgue, naguère Président du CR Belcourt, qui avait longtemps fait campagne (et préparer un programme) en vue d’accéder à la tête du sport-roi.


Revenons à Madjer pour dire que contrairement à Ighil et Mehdaoui, il s’était dit disposé à faire appel aux joueurs expatriés en Europe sans toutefois porter préjudice à leur carrière dans leur club. De fait, et pour aller à Addis, il va convoquer Ferhaoui, Meddane et Sandjak. Djamal Menad, 34 ans bien sonnés, son ancien camarade est là également alors qu’il a repris du service à la JS Kabylie. Mais Sandjak aura fait un long déplacement pour rien. En effet, lui, second avant centre dans son club de Nice, refuse le poste d’arrière droit que lui propose Madjer.


Sur un terrain, transformé en marécage par des pluies torrentielles, il n’y eut qu’une partie de pousse-ballon qui s’acheva par un (0-0) équitable. Un mois plus tard contre le Soudan à Alger, « douche froide » en dépit du temps printanier. Les visiteurs marquent les premiers et résistent bien après l’égalisation algérienne (1-1). Le point perdu face au Soudan va être récupéré à Kampala face à l’Ouganda (1-1).


Ces résultats en dents de scie feront reculer l’Algérie de 22 places au classement FIFA au terme de l’année 1994.


 L’année 1995 va débuter à Alger par la confrontation avec l’Egypte, leader incontesté du groupe. L’atmosphère générale est nettement meilleure que naguère. Reporté de 48 heures en raison de pluies diluviennes, le match sera gagné (1-0) par une sélection algérienne, transcendée par l’enjeu. Ce mois de Janvier sera aussi marqué par l’assassinat ( jamais  revendiqué ) de Rachid Haraïgue, Président de la FAF.  Quinze jours plus tard,  nouvelle déception à  Dar Essalam  où la sélection s’incline (1-2) devant la Tanzanie.


Le bilan des matches aller est mitigé : 1 victoire, 3 nuls et 1 défaite pour une sélection  qui, on l’espère, va allier l’art à la manière en recevant l’Ethiopie. Il n’y eut ni art, ni manière et seulement 2 buts qui valurent 2 points bien précieux, si l’on sait qu’en seconde mi-temps les nôtres furent proprement baladés. La morosité et l’impression d’inachevé seront également  présentes 2 semaines plus tard à Khartoum, quand le Soudan prend le meilleur (0-2). Une rencontre elle aussi reportée de 48 heures, à cause de l’absence des arbitres gabonais, officiellement désignés par la CAF et remplacés finalement, au pied levé,  par un trio égyptien. Une partie du staff technique et quelques joueurs mettront cette défaite  sur le compte du report inattendu. En Janvier à Alger, contre l’Egypte, personne n’avait blâmé le report car l’Algérie avait gagné.


A Khartoum cependant, la délégation algérienne avait pris soin de présenter des « réserves techniques » officielles à propos de l’absence des arbitres. Bien leur en prit, puisqu’il s’avéra, en définitive, après enquête de la CAF, que la Fédération soudanaise n’avait jamais envoyé de billets d’avion aux referees gabonais. Le Soudan eut match perdu et  l’Algérie recouvrait ainsi les 2 points de la victoire,sur le score de 2-0 : un véritable ballon d’oxygène !!
Début Juin, c’est au tour de l’Ouganda, tenu en échec à l’aller, de venir à Alger. Les deux points de la victoire semblent à la portée des capés algériens. Hélas, après un but acquis dès le premières vingt minutes, les Ougandais vont prendre la direction des opérations, revenir à la marque et ainsi arracher le point vital du nul (1-1) qu’ils étaient venus chercher. Madjer déclare ne rien comprendre au comportement de ses joueurs. Il pense à quitter son poste puis se ravise. Il accepte finalement de se rendre à la convocation du Bureau Fédéral qui souhaite l’entendre seul…alors que lui se présente accompagné de ses deux adjoints. Il n’y eut point de réunion, point de compte rendu à l’instance exécutive de la Fédération. Le talon d’Achille des Algériens : le manque de communication, l’éternel  dialogue de sourds. Le jour même un communiqué laconique annonce qu’il est mis fin aux fonctions de Madjer « pour insuffisance de résultats ».
                                                                         
Scénario récurrent  sous le soleil très pâlot du football algérien. Simplement le 32° sélectionneur cédait sa place au 33°, en l’occurrence, son ancien capitaine au Nasr de Hussein Dey et en équipe nationale, Ali Fergani, qui aura pour tâche immédiate de consolider les chances de qualification pour la CAN 96. En vue de le seconder, il choisit Mourad   Abdelouahab qui avait déjà travaillé en sa compagnie sous la responsabilité de Kermali. Il était alors responsable des gardiens de but. Un mois nous sépare du match retour au Caire, face à l’Egypte, jamais battue chez elle par l’Algérie.


A une exception près, celle de Mourad SLATNI, un débutant envoyé à l’aventure en tant que libero, Fergani va reconduire sagement l’ensemble laissé par son prédécesseur. A cette différence que le groupe ne s’est pas effondré en seconde mi-temps. Mieux, il aura 2 nettes  occasions de scorer en fin de match. Après une prestation somme toute assez alerte et pleine de solidarité, le club Algérie réussira à partager les points avec son homologue égyptienne (1-1). Le premier point glané au Caire depuis 1963. Les matches éliminatoires  s’achèveront par une victoire (2-1) face à la Tanzanie, synonyme de qualification pour la CAN 96 et ce sera là le dernier match international pour Djamal Menad, après 15 années de présence en sélection (record algérien absolu), 80 capes et 24 buts.

Fin 1995, l’Algérie remontera de 9 places au classement FIFA et occupe désormais le 48° rang.  [ En cette fin d’année, il faut signaler aussi que la JS Kabylie remporte la Coupe des Coupes Africaine, son 3° titre africain après 1981 et 1990 ! ]

 

                                                                                     LA NEUVIEME CAN DE L'ALGERIE

Fergani et consorts disposent de 6 mois pour réunir une représentation décente. Entre Octobre 1995 et Janvier 1996, date du début de la phase finale en Afrique du Sud, Fergani  et sa sélection vont affronter 8 sparring-partners africains avec des fortunes diverses : 3 victoires, 2 nuls et 3 défaites.

Lors de la phase finale, dans ce pays, nouvellement libéré de l’apartheid, l’enthousiasme est grand. Certes la Coupe du Monde de rugby venait de s’y dérouler l’année d’avant, mais le football  demeurait  le sport favori de la majorité des Sud africains.

Dans son groupe, la sélection algérienne va partager les points avec la Zambie (0-0),  battre la Sierra Leone (2-0) et le Burkina Faso (2-1), gagnant ainsi le droit de disputer les quarts de finale. Le sort va malheureusement lui réserver le pays hôte, l’Afrique du Sud, largement plébiscitée pour s’adjuger le trophée final. Après s’être bien battue, l’Algérie s’incline (1-2).

 


Fin Mai 1996, Fergani  emmène ses hommes au fin fond du Golfe où ils battent 2 fois Oman sur le même score (1-0). Ceci en vue de préparer, les 2 matches de qualification préliminaires  pour le compte de la CDM, face au Kenya. Après la défaite à Nairobi (1-3), tout le monde pense que ce but inscrit à l’extérieur, va faciliter les choses au retour à Alger. Il n’en fut rien. Certes le Kenya est battu (1-0), mais cela  ne suffit pas et signifie l’élimination et aussi le limogeage de Fergani, déjà  publiquement très critiqué par des membres du Bureau fédéral pour ses choix tactiques en Afrique du Sud. Cette première  expérience de Fergani aura duré 12 mois.

 

 

 

 

 UNE DECENNIE TRES AGITEE

Deux revenants H. Zouba et A. Kermali et un nouveau, Mohammed Henkouche, ancien joueur international en 1969 et 1970,sont chargés d’assurer un intérim de 28 jours, à la tête de la sélection, durant lequel l’Algérie battra sévèrement la Côte d’Ivoire(4-1) à Alger, pour le compte de la CAN 98.


Exit le trio, voici le retour de Abderrahmane Mehdaoui, seul. Il va alterner matches amicaux et officiels en vue de terminer ce qui reste de matches éliminatoires. Fin Juillet 1997, la qualification est assurée face à la Côte d’Ivoire, le Mali et le Bénin. En vue de préparer la phase finale de la CAN 98, prévue au Burkina Faso, Mehdaoui  jouera, avec ses hommes, 6 matches amicaux, tous à l’extérieur ou en terrain neutre. Un tournoi peu glorieux à Dar Essalam, avec deux défaites face au Kenya et à la Zambie sur le même score (0-1) et une victoire (1-0) devant la Tanzanie. Ensuite en Décembre 1997, en Egypte, défaite surprise contre le Togo (0-1), mais double victoire devant l’Egypte sur le même score (2-1). Sélection à deux visages donc.

Encore que, doit-on faire remarquer, Mehdaoui avait réussi là où tous ses prédécesseurs avaient  échoué, à savoir battre l’Egypte, chez elle, 2 fois en 4 jours.

Ironie du sort ! Lors de la dixième phase finale de la CAN 1998,qui suivra dans les deux mois, l’Algérie sera  éliminée dès le premier tour, après 3 défaites devant la Guinée (0-1), le Burkina Faso (1-2) et le Cameroun (1-2), cependant  que l’Egypte finira par remporter sa quatrième Coupe d’Afrique des Nations !!! Mehdaoui aura « survécu » 16 mois.


Quatre mois plus tard, voici le retour d’Ighil, l’ancien compère de Mehdaoui, flanqué d’un entraîneur roumain, Marcel PIGULEA, théoriquement premier responsable de la sélection. Toutefois, la forte personnalité de l’Algérien, sa connaissance du terrain et des hommes vont totalement annihiler Pigulea. Cela est nettement perceptible dès la première apparition devant les journalistes, en dépit des échanges très courtois entre les 2 hommes qui s’appellent par leur prénom. Marcel par ci, Meziane par là…Le duo  va diriger 4 matches : défaite (0-2) en Bulgarie, deux victoires face à la Libye (3-1 et 3-0) et nouvelle défaite contre l’Ouganda à Kampala (1-2). C’est à ce moment que Pigulea se retire.


Ighil va continuer seul, pendant 3 mois, avec une défaite (0-1) à domicile, en match officiel, contre la Tunisie . Les jongleries d’entraîneurs vont se poursuivre à un rythme endiablé. Rabah Saadane prend la relève d’Ighil, pendant un mois pour obtenir un match nul au Liberia (1-1) avant de passer lui-même le témoin à son ami Boualem Charef, lequel en 2 mois et 2 matches termine la saison en assurant la qualification pour la CAN 2000 grâce à des victoires contre le Liberia(4-1) et l’Ouganda(2-0).


Il faut mentionner ici un épisode cocasse pour dire qu’après l’intérim Saadane-Charef, il est fait appel à Rabah Madjer. Ce dernier reste en place durant les 3 mois de l’été ; il sera remercié sans même avoir commencé à travailler, victime de la valse des responsables à la tête de la fédération, laquelle aura vu, durant la période 1995-1999 , 4 présidents et 2 bureaux provisoires nommés par le Ministre, se succéder à sa tête.


Une fois nommé Ministre des Sports, Mouldi Aïssaoui, lui, l’ancien Président de la Fédération limogé, va vite oublier ce qu’il avait subi et cherchera à mettre au pas l’organe exécutif du football. Mais le titulaire du poste, Saïd Amara, ne l’entend pas de la même oreille. Le conflit s’envenime au point que la FIFA viendra mettre son grain de sel dans le différend. Comme de bien entendu, elle imposera ses vues, en ordonnant la tenue d’assises démocratiques et légales. Elle  mandatera même un de ses  représentants pour assister à l’Assemblée générale devant élire librement une nouvelle équipe dirigeante. Un vrai camouflet pour la tutelle !

 

                                                                                    LA ONZIEME CAN DE L'ALGERIE

Fin Novembre 1999, il appartiendra  à un trio inédit d’entraîneurs tous résidant en France – Nasser Sandjak, Abdelghani Djadaoui, Saïd Hamimi -  de diriger la sélection lors de la phase finale de la CAN 2000 qui se déroule au Ghana. Djadaoui international à 3 reprises, jouissait d’un passé de formateur et avait assisté Saadane au Mexique. Saïd Hamimi avait joué 2 matches avec l’équipe nationale. Nasser Sandjak, frère de l’international Yazid, était connu pour avoir entraîné des clubs amateurs de la banlieue parisienne.

On attendra Juillet 2011 pour savoir de la bouche de Aziz Derouaz que c’est lui, alors Ministre des sports, qui avait seul pris cette décision en précisant que le trio s’était engagé pour un contrat très court au montant « dérisoire » selon ses propres termes !

Une tâche immense les attend car, au classement mondial FIFA, la dégringolade se poursuit pour notre sélection : 49 ° en 1996,59° en 1997, 71° en 1998 et ... 86° en 1999, son plus mauvais classement à ce jour !!!

Grâce à une victoire (3-1) contre le Gabon  et 2 matches nuls (0-0 et 1-1) face à la République démocratique du Congo et l’Afrique du Sud, la sélection atteignait le quart de  finale de cette CAN, avec malheureusement une élimination (1-2) en ¼ de finale devant le Cameroun. La troïka va rester en place encore 3 mois, afin de jouer (et franchir victorieusement)  le tour préliminaire qualificatif pour la Coupe du Monde 2002 contre le Cap Vert (0-0 et 2-0), avant de se défaire pour laisser la place au seul Djadaoui. Il faut préciser ici, qu’entre 1999 et 2001, les perturbations se sont poursuivies à la tête de la FAF, dirigée d’abord par un président élu par le bureau fédéral, sans Assemblée générale, ensuite par un Bureau fédéral de 8 membres, puis par un Comité provisoire et enfin présidée par Omar Kezzal, de retour aux affaires pour la troisième fois.

 


Pendant 10 mois avec 5 victoires en 14 matches (7 amicaux et 7 officiels), Djadaoui va diriger la sélection au milieu d’une hostilité de plus en plus généralisée jusqu’à la lourde défaite au Caire(2-5), face à l’Egypte, lors d'un match qualificatif pour la Coupe du Monde. Cette suite de rencontres amicales aura permis à Mohammed-Reda ABACI de marquer, face à la Tunisie, le 500° but de la sélection. C’est Djadaoui qui avait su convaincre Ali BENARBIA, jusque là très réticent, de venir revêtir le maillot national. En 1998, A.M. Ighil n’y avait pas réussi. Mais le sociétaire du Paris St Germain n’est plus que l’ombre de celui qui sut conduire et Monaco et Bordeaux au titre de champion de France. Son apport fut négligeable, moindre en tout cas que celui de Djamal BELMADI,  joueur de  l’Olympique de Marseille.

Djadaoui s’en ira comme les autres. Et voici de nouveau les « pompiers » Zouba et Kermali qui arrivent à la rescousse. Ils achèveront les matches éliminatoires comptant pour la CAN et la CDM de la même année 2002. Ils ratent la qualification pour la Coupe du Monde mais arrivent à décrocher celle de la Coupe d’Afrique.

Jamais deux sans trois. Deux ans après son limogeage-gag, on va retrouver Rabah Madjer à la barre, toujours accompagné de Tedj Bensaoula. Le premier match qu’il va diriger n’est pas un cadeau. C’est un match de prestige certes, mais un match piège à Paris St Denis face à la France de Zidane, championne d’Europe et toujours championne du monde. La supériorité des Bleus, au grand complet est manifeste et attendue (1-3) à la mi-temps. Un quatrième but sera ajouté. Ce qui est inattendu, c’est la fin en queue de poisson : le match sera arrêté à la 76° minute  par l’arbitre, à la suite de l’envahissement du terrain par des supporteurs locaux de la sélection algérienne. Envahissement pacifique et joyeux par des jeunes. Un chahut de gamins et de gamines, qui aurait pu être résolu après 5 minutes de calme. Certes malvenu, incongru, regrettable, déplacé et tout à fait injustifié. Mais rien de menaçant qui puisse pousser le sélectionneur français, Roger Lemerre, à entrer sur le terrain pour demander à l’arbitre portugais d’arrêter le match. Il prétendra que ses joueurs étaient en danger. Réflexe peut être naturel chez cet ancien soldat de la guerre d’Algérie, pour qui sans doute, les algériens sont soit des fellaghas, soit des terroristes, sauf Zinedine Zidane…

Madjer va continuer à diriger la sélection, pendant 10 mois avec 9 matches disputés, parmi lesquels une prestation tout à fait catastrophique, lors de la douzième CAN de l'Algérie de 2002 au Mali : deux défaites  face au Nigeria (0-1) et au Mali (0-2) et un nul contre le Liberia (2-2) , synonymes d’élimination dès le premier tour.

Cette compétition marquera le retrait définitif de la sélection de Mahieddine Meftah après 12 ans de bons et loyaux services, 76 sélections et 3 buts et également  sonnera la retraite du recordman des buteurs, Abdelhafid Tasfaout après 11 ans de présence, 87 sélections et 35 buts.

Madjer terminera son parcours par un match nul (0-0) à Bruxelles contre la Belgique qualifiée pour le Mondial de Corée et Japon. C'était là le 400° match de notre sélection. Vraie ou fausse, une déclaration de Madjer à la presse belge, qualifiant les responsables de la Fédération d’incompétents, n’est pas du goût de Mohammed Raouraoua, qui vient juste de succéder à Kezzal à la tête de la FAF et qui limogera Madjer sans ménagement, ni dédommagement,  en dépit des clauses du contrat liant les 2 parties.

Et devinez donc qui va être le successeur ? Le Directeur technique national en place qui n’est autre que Hamid Zouba, le fidèle, toujours disponible lorsqu’il s’agit de l’équipe nationale. Son bail va se prolonger pendant 8 mois (et 5 matches) au cours desquels il va entamer les matches qualificatifs pour la CAN 2004.

[  Enorme satisfaction tout de même, en cette fin d’année 2002, de voir le club de la JS Kabylie honorer brillamment les couleurs nationales en remportant pour la troisième année consécutive, la Coupe de la CAF, son 6° trophée africain, exploit sans précédent !! C’est peu dire !! ]

Puis, début Janvier 2003, Zouba va céder la place à un coach belge : Georges LEEKENS, ancien entraîneur de la sélection et de différents clubs belges. Son passage ne sera ni long, ni éloquent.  5 mois, 6 matches : 2 victoires, 2 nuls et 2 défaites. Il quittera son poste de son plein gré, officiellement pour des raisons personnelles : il ne pouvait pas vivre loin de sa famille. Notons tout de même que grâce à l’action « successive »  de Zouba et Leekens, l’Algérie avait  réussi à se qualifier pour la CAN 2004 prévue en Tunisie.

 

                                                                                      LA 13° CAN DE L'ALGERIE


C’est encore une fois le Directeur technique national qui est là pour suppléer le sélectionneur  défaillant. Mais il ne s’agit plus de Zouba, mais de Rabah Saadane…Si ce n’est toi, c’est donc ton frère !!!  Saadane rappelle Boualem Charef auprès de lui et laisse clairement entendre qu’il n’ira pas au-delà du rendez-vous tunisien de la phase finale de la CAN 2004.

En prévision de cette échéance, Saadane aura à jouer des matches amicaux mais aussi un tour préliminaire qualificatif pour la CAN et la CDM de 2006. Une conséquence logique pour l’Algérie qui a sombré dans les classements FIFA et CAF ce qui l’oblige à disputer ce tour préliminaire afin de pouvoir postuler à une place dans un groupe de qualification. L’obstacle Niger est passé sans encombre (1-0 et 6-0). Les résultats des matches amicaux seront eux moins convaincants, surtout  la défaite concédée à domicile (0-2) face au Mali quelques jours avant le voyage vers la ville de Sousse réservée au groupe de l’Algérie. A Sousse, match nul (1-1)  inespéré contre le Cameroun ; victoire surprise (2-1) sur l’Egypte, grâce à un but d’anthologie de Hocine Achiou qui, parti de ses 16 mètres, dribblera 6 ou 7 joueurs adverses dont le gardien, avant de marquer un but historique, digne de Diego Maradona. Arrogance ou orgueil mal placé, la sélection, avec plusieurs remplaçants, perdra (1-2) son troisième match contre le Zimbabwe. Mais la qualification sera assurée au détriment de l’Egypte, par la vertu de la différence de buts.

L’adversaire en quart de finale est le Maroc qui n’est pas inaccessible, mais qui dispose de l’avantage psychologique de nous avoir défaits  deux fois lors de précédentes rencontres officielles. Le match sera très égal, mais pendant longtemps, vierge de toute réalisation. Il faudra attendre la 84° minute et l’exécution d’une faute par Achiou pour permettre à  l’avant centre Abdelmalek Cherrad d’ouvrir le score de la tête. Chacun est persuadé que « l’affaire est dans le sac ». C’était compter sans le relâchement des Algériens et la détermination des Marocains qui égaliseront lors du temps additionnel. Une vraie douche froide, avant de porter l’estocade finale (1-3) pendant la prolongation.

Durant cette CAN tunisienne, Mohammed Raouraoua est élu au sein du Comité Exécutif de la CAF.Toutes ces dernières années, plusieurs algériens avaient tenté l’aventure, sans succès. Lui aura réussi du premier coup.

 

Comme prévu et annoncé, Rabah Saadane s’en va. Pour le remplacer, le Président de la FAF, Mohammed  Raouraoua et après plusieurs semaines d’hésitation,  fait de nouveau appel à un belge, Robert WASEIGE, ayant lui aussi dirigé la sélection nationale de Belgique. Précaution de mise, on lui fait signer un contrat d’objectif. A savoir la qualification pour les phases finales de la CAN et de la CDM de 2006, dont les éliminatoires sont désormais « jumelés ».

Assis aux côtés de Mohammed Raouraoua lors du match à Sousse, face au Zimbabwe, je lui avais suggéré de contacter Elie BAUP qui venait de quitter les Girondins de Bordeaux, avec lesquels il avait été champion de France.  Il m’a dit qu’il ne le connaissait pas du tout.


Ouvrons une parenthèse pour dire que la FIFA,  l’UEFA comme les clubs européens – qui comptent de plus en plus de joueurs africains dans leurs rangs – n’approuvent pas le fait que la phase finale de la CAN se déroule tous les deux ans au lieu de quatre ans comme l’Euro et la CDM. L’autre grief ayant trait au choix de la date (Janvier-Février voire Mars) au lieu du mois de Juin. Face aux critiques, la CAF a toujours « tenu bon ». Mais elle a tout de même fini par se rendre compte que lors des années  qui faisaient  coïncider  la CAN avec la CDM, les sélections africaines étaient appelées à disputer parfois plus de 15 matches, avant d’arriver à bon port, avec les longs et coûteux déplacements que l’immense continent africain impose ! La CAF  a donc concocté (avec la FIFA) un nouveau système de qualification, permettant ces années-là de jumeler les matches pour les deux compétitions CAN et CDM.


Après 4 mois de présence et 4 matches éliminatoires (2 nuls et 2 défaites), il  apparaît clairement que Waseige n’atteindra pas l’objectif assigné. Il fera ses valises après une lourde défaite (0-3) subie à Annaba face au  modeste Gabon.

Son remplaçant,  Ali Fergani, immédiatement recruté, n’aura pas un « come back » heureux puisqu’il n’arrivera pas à redresser la barre avant de la quitter, après 9 mois à la tête de la sélection avec 7 matches dont une seule victoire en match amical. Il s’en ira sans terminer les 2 matches officiels restant à disputer.

Avec Fergani, s’en ira aussi Bilal Dziri, 90 sélections et 11 buts marqués pendant prés de 13 ans passés au sein de l’équipe nationale.
La tâche, d’achever le travail de Fergani, va échoir à un autre  « rappelé » pour la circonstance, A.M. Ighil, qui aura à endurer le calvaire  en subissant notamment  une lourde défaite (2-5) à Oran face au Nigeria, couplée avec un nul (0-0) au Gabon. Ainsi, pas de qualification pour la CDM ; on commençait à s’y habituer depuis la dernière participation de 1986. Mais point de phase finale de CAN non plus, ce qui ne nous était pas arrivé depuis 26 années.


A l’issue de son mandat de 4 ans, Raouraoua quitte ses fonctions de Président de la FAF. Nullement de gaieté de cœur, mais pour ainsi dire contraint et forcé par l’intrusion du Ministre des Sports, Yahia Guidoum, dans les affaires de toutes les Fédérations sportives qu’il cherche à « caporaliser », en voulant leur imposer 1 seul mandat de 4 ans, non renouvelable, en cherchant aussi à se réserver le droit de convoquer une Assemblée générale et à en arrêter la composition. Autant d’éléments en contradiction avec les statuts-types arrêtés par la FIFA. Un décret est adopté dans ce sens et officiellement publié. L’opération du Ministre réussit avec au moins 2 ou 3  Fédérations. Mais c’était compter sans la vigilance de deux des Fédérations internationales les plus importantes : la FIFA (une fois de plus) mais  aussi l’IAAF, son homologue de l’athlétisme. Toutes deux évoquent des menaces  très claires.  Le Ministre louvoie, manœuvre, invite même à Alger, le Président de l'IAAF, en vain. Il finit par comprendre qu’il fait fausse route. Il recule.

Une assemblée générale qui s’est déroulée fin Janvier 2006, dans le calme et la sérénité, élit Hamid Haddadj, l’ancien  adjoint de Raouraoua. Au mois de Mai est annoncé le recrutement du français  Jean Michel Cavalli à la tête de la sélection. « L’illustre inconnu » va avoir à diriger l’équipe nationale pour les éliminatoires de la CAN 2008, prévue au Ghana.


La CAF continue dans le bon chemin, à savoir, diminuer le nombre de matches éliminatoires. En vue de déterminer quelles seront les 15 équipes lauréates qui rejoindront le pays hôte, elle a confectionné 12 groupes composés de 3 et 4 sélections. Ainsi, aux 12 vainqueurs de groupe viendront s’ajouter les 3 meilleurs seconds. La partie semble jouable pour les nôtres placés dans le groupe 12 en compagnie de la Guinée, de la Gambie et du Cap Vert. Et les augures s’avèrent bons, car dès le premier match, les Verts vont arracher le nul (0-0) à Conakry, chez l’adversaire le plus coriace. Ils enchaînent avec deux victoires à domicile face à la Gambie (1-0) et au Cap Vert (2-0). Ce dernier représentait le 100° match officiel disputé à domicile. La situation paraît tout à fait gérable, d’autant plus que la Guinée a concédé 1 défaite et se  retrouve désormais 3 points derrière l’Algérie.

Il s’agit dès lors de ne pas perdre en allant jouer le Cap Vert chez lui. Ce qui sera fait le 2 Juin à Praia (2-2). Le rendez-vous crucial est fixé au 16 juin à Alger face à la Guinée. C’est alors que l’on annonce à grand fracas, que l’Algérie est invitée à se mesurer, en match amical, à l’Argentine  le 5 ou le 6 Juin à Barcelone. Vous avez bien lu : le 2 Juin à Praia, au large du Sénégal, et le 5 Juin à Barcelone ! On croit rêver, même si la sélection voyage en avion spécial. Au final, il ne s’agissait pas d’un canular. Face à des Algériens qui ont été loin d’être ridicules, l’Argentine, au grand complet, assure l’essentiel et l’emporte (4-3) avec des buts de Tevez, Messi (2) et Cambiaso, contre un but de Yahia et deux de Belhadj.

En ce début du mois de Juin 2007, bonne nouvelle pour le sport algérien : Yahia Guidoum, le Ministre trublion, est remercié. Son successeur n’a pas fait annuler le décret décrié, mais il ne semble pas vouloir en appliquer les articles litigieux.

Tout le monde se dit : « la Guinée n’a qu’à bien se tenir ». Le 16 Juin est une date historique, celle de la victoitre de 1982 contre la RFA. " D'autant plus qu'il s'agissait là du 100° match de notre sélection ,disputé au stade du 5 Juillet d'Alger". Chacun y voit comme un présage, tant il est vrai qu’une victoire assurerait la qualification, nonobstant le résultat du dernier match en Gambie. Après la bonne prestation face à l’Argentine, le stade croule sous une affluence record. Mais ni les joueurs et encore moins leur entraîneur Cavalli, ne seront au rendez-vous. Ce dernier, pour un match qu’il faut gagner, ne trouve rien de mieux que de présenter une équipe avec 8 joueurs à vocation défensive et un seul attaquant de pointe, qui n’en est pas un : Rafik Saïfi !!! Sans doute visait-il le partage des points ? On ne le saura jamais.

A la suite de quelques velléités  offensives maladroites et désordonnées, les nôtres ne bénéficieront que d’une seule occasion franche, une tête du défenseur Meniri, qui s’écrase sur le montant gauche des buts guinéens. En face,  il y a une équipe guinéenne qui laisse venir, avec à sa tête le meneur et maître à jouer Pascal Feinduno de St Etienne, dirigée depuis quelques mois par Robert Nouzaret. Celui-ci, ayant travaillé  à Alger, connaît bien notre football et la mentalité algérienne. Avant la rencontre, il avait,  dans ses déclarations, adopté un profil très bas, rendant hommage aux qualités de notre équipe en paraissant résigné à perdre les points du match. Toutefois, sur le terrain, une fois l’orage passé, les Guinéens prendront la direction des opérations, marqueront 1 but par mi-temps et s’en iront avec les 3 points du match, ce qui leur permettait de rejoindre l’Algérie en tête du classement, avec l’avantage d’avoir gagné à Alger. Le public n’en croyait pas ses yeux. Si fringants face à l’Argentine, les joueurs algériens étaient  apparus  tels des élèves des petites classes, perdus dans un stade trop grand pour eux ! Nouvelle et cruelle déception pour des milliers de supporteurs venus de partout !


Les plus optimistes vont dès lors se livrer à de savants calculs pour essayer de définir les chances d’arracher un billet qualificatif au titre de meilleur second. Les supputations se poursuivront jusqu’à la veille du dernier match programmé pour le début du mois de Septembre en Gambie.

Mais au mois d’Août, un autre fracas : on annonce que l’Algérie va rencontrer le Brésil à Montpellier. Effectivement, un Brésil sérieux et appliqué attendra la seconde mi-temps pour l’emporter (0-2) grâce à Maicon et Ronaldinho. Une fois de plus les Algériens n’avaient pas démérité.


 A Banjul, capitale de la Gambie, ce petit pays enclavé dans le Sénégal, Cavalli va de nouveau présenter une formation avec 5 défenseurs et 2 milieux à vocation défensive. Il ne se passe quasiment rien en première mi-temps, n’était-ce la blessure du capitaine  Yazid  Mansouri, remplacé par Yacine Bezzaz.  Peu de temps après la reprise, Saïfi, seul en attaque, mais très opportuniste, réussit  à ouvrir le score. Scénario favorable pense-t-on. La Gambie, menée au score chez elle, va devoir attaquer et se découvrir. Effectivement, elle va mener offensive sur offensive, sans que les nôtres -recroquevillés sur eux-mêmes, soucieux de préserver leur maigre avantage – sachent en profiter. Les efforts  des Gambiens seront récompensés par 2 buts, le dernier lors du temps additionnel. Ils sonneront ainsi le glas de toute espérance algérienne.

La délégation algérienne a beaucoup déploré le mauvais arbitrage, à sens unique selon elle, du malien Koman Coulibaky, ainsi que l’environnement très hostile , parfois agressif dans lequel s’est déroulée cette rencontre.

Après avoir longtemps été en tête au classement, voici l’Algérie dépassée par la Guinée vainqueur (4-0) du Cap Vert et, en raison de cette seconde  défaite consécutive, écartée de la course à la qualification même au titre d’équipe classée seconde.  Mi-Octobre, la FAF annonce qu’il est mis fin aux fonctions de l’entraîneur  J.M. Cavalli qui  n’avait pas atteint les objectifs stipulés dans le contrat signé, c’est à dire la qualification pour la CAN 2008.
On se doit de noter que J.M. Cavalli a néanmoins eu le mérite d’avoir fait entrer dans la sélection algérienne plus d’une quinzaine de nouveaux joueurs ( pros et locaux ), parmi lesquels on peut citer AMRI, BOUAZZA, BOUZID, DJEBBOUR, K. GHILAS, MATMOUR ou encore DJEDIAT et M.R. MEFTAH . Il n’avait pas non plus hésité à aller contacter Karim Benzema (O.Lyon ) et Samir Nasri (O. Marseille) lesquels ont préféré opter pour l’équipe de France.

Une décennie assurément bien agitée qui a vu se succéder 13 ministres chargés des sports, 14 présidents de la fédération de football et 22 sélectionneurs !!


Au classement FIFA, en cette fin d’année 2007 l’Algérie se retrouvait au 79° rang alors qu’elle avait bien progressé depuis 1999 pour atteindre la 62° place fin 2002.

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